2,6 milliards d’euros de pertes pour Ile-de-France Mobilités

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L’autorité organisatrice des transports en Île-de-France estime à 2,6 milliards d’euros sa perte de recettes pour l’année 2020. Perte due, par la crise sanitaire, à l’effondrement de ses deux recettes principales : une diminution d’un milliard d’euros des recettes liées au versement mobilité des entreprises et une perte de 1,6 milliard d’euros de recettes voyageurs. Soit près de 26% de pertes de recettes annuelles.

Dans une lettre ouverte au président de la République, le Conseil d’administration d’Île-de-France Mobilités (IDFM), présidé par Valérie Pécresse, demande que l’Etat « puisse adopter un plan de sauvetage des transports du quotidien, à l’image de ceux adoptés pour les secteurs du transport aérien, de l’automobile et de l’aéronautique, et en suivant l’exemple des gouvernements allemands, néerlandais et britanniques ».

Les collectivités qui la dirigent et la subventionnent à hauteur de 10%, ne disposant pas de la possibilité légale de s’endetter pour financer des dépenses de fonctionnement, IDFM souligne qu’il « serait totalement inconcevable et injuste de faire payer cette ardoise liée à la crise sanitaire du COVID-19 par les voyageurs, qui devraient en supporter le coût estimé entre 15 et 20 euros de hausse du Navigo mensuel ».

Selon IDFM, « une telle décision d’augmentation des tarifs, au-delà de son impact très fort sur le pouvoir d’achat des Franciliens, pèserait également sur les finances des entreprises, puisqu’elles devraient verser à leurs salariés 1,3 milliards d’euros de remboursement employeur, ce qui pèserait fortement sur leurs comptes, et donc sur l’emploi, dans la période de récession que nous traversons.

« Il n’est pas d’avantage concevable, poursuit IDM dans sa lettre, qu’Île-de-France Mobilités réduise l’offre de transports collectifs ou renonce à honorer ses commandes de matériels roulants indispensables à l’amélioration de la qualité des transports du quotidien, et qui sont si précieuses pour tout le secteur ferroviaire français. Une cessation de paiement d’Île-de-France Mobilités, inéluctable sans nouvelle recette votée par l’Etat dès juillet, menacerait des centaines de milliers d’emplois en France que ce soit chez les opérateurs de transports, chez les constructeurs de matériel roulant et leurs sous-traitants, équipementiers, ainsi que dans les entreprises de travaux publics. »

IDFM demande donc à l’Etat « la compensation intégrale des pertes de recettes fiscales et voyageurs liées à l’épidémie de Covid pour l’année 2020 et un mécanisme de compensation pour les années 2021 et 2022 en fonction de l’évolution de la situation économique et de la fréquentation de nos transports en commun ainsi qu’un plan de relance du secteur industriel des transports publics d’une ambition équivalente à ceux élaborés pour l’aéronautique et l’automobile. »