Accidents industriels : 209 en Île-de-France, en 2019

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Image d'usine montrant des rejets de fumée
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Avec 37 sites Seveso classés seuil haut sur son territoire, l’Île-de-France n’est semble-t-il pas la région française où le risque industriel est le plus prégnant ; eu égard aux 105 sites de la Vallée du Rhône ou aux 105 sites, aussi, du Grand Est. Toutefois, son tissu urbain dense la rend particulièrement exposée. Et le nombre total des installations industrielles soumises à autorisation, soit 1 348, est tout de même important. Le Bureau d’analyse des risques et pollutions industriels (BARPI) a ainsi relevé 209 accidents sur le territoire francilien en 2019. C’est ce que révèle l’édition 2020 du « Bilan de la prévention des risques industriels et naturels en Île-de-France » de la Direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie d’Île-de-France (DRIEE).

Sur ces 209 accidents, 123 ont impliqué des installations classées. Un chiffre en baisse par rapport à 2018, mais qu’il convient de relativiser puisque tous les accidents ne sont pas recensés. Et pour ceux qu’ils le sont, seuls 76 % d’entre eux ont des causes connues. Le BARPI a pu répartir ces causes ainsi (certains accidents ayant des causes multiples) : 50 % sont liées à des facteurs humains et organisationnels, 46 % à des défauts matériels, 15 % à des agressions externes et 4 % à des actes de malveillance.

COGETRAD, SIAAP et PLIF : Trois accidents majeurs

Six accidents sur 10 ont donné lieu à un incendie. 
Ce fut le cas pour le site de traitement de déchets dangereux de COGETRAD Industries, à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), le 2 juin 2019, qui aura mobilisé 278 pompiers durant trois jours. Ce fut le cas aussi, un mois plus tard, pour la plus grande usine d’épuration d’Europe exploitée par le SIAAP à Achères (Yvelines) et classée Seveso seuil haut. La catastrophe qui a visé des cuves de chlorure ferrique a pollué la Seine jusqu’à 30 km en aval, « générant une importante mortalité piscicole », selon la DRIEE. L’usine du SIAAP avait pourtant fait l’objet d’avertissements de la part de certains syndicats et d’associations environnementales, comme l’association Robin des Bois qui révélait que l’incendie du 3 juillet 2019 était le onzième accident sur le site depuis le 10 avril 2017.

Un peu plus tôt dans l’année, le 25 février 2019, les Yvelines avaient déjà subi une grave pollution sur les communes de Boissy-sans-Avoir et Autouillet : une fuite d’hydrocarbures sur le Pipeline de l’Île-de-France (PLIF). Neuf cent mille litres de pétrole brut se sont ainsi trouvés dispersés dans les champs et les cours d’eau. La mini marée noire se sera même infiltrée sur plusieurs mètres de profondeur. Propriétaire de ce pipeline de 268 kilomètres, le groupe pétrolier Total s’engagera à dépolluer et à indemniser les agriculteurs. Un précédent incident sur ce même pipeline, en 2014 sur des terres de Seine-Maritime, lui avait déjà coûté 8,5 millions d’euros.

Grandpuits, épicentre des pollutions

Total est par ailleurs le principal pollueur industriel de l’air francilien. En cause : son site de raffinage de Grandpuits (seule raffinerie d’Île-de-France), en Seine-et-Marne, à lui seul responsable de 15 % des émissions de CO2 en Île-de-France (hors biomasse). Juste à côté, l’usine chimique GPN, que Total a revendue en 2013 au groupe autrichien Borealis, rejette elle aussi 15 % des émissions de CO2. À elles deux, ces installations de Grandpuits contribuent pour 63 % des émissions de poussière. Avec respectivement 719 t/an et 542 t/an, Total et Boralis arrivent aussi largement en tête des émissions de dioxyde d’azote. Enfin, la raffinerie Total est responsable de 65 % des émissions de dioxyde de soufre dans la région. Ceci, dans un contexte où le secteur industriel se montre généralement plus vertueux, ayant réduit par dix ses émissions de dioxyde de soufre en 20 ans.

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