Ce que souhaitent les Franciliens après le Covid

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DOCUMENT. L’Institut Paris Région publie les premiers résultats d’une enquête confiée à Médiamétrie sur le comportement des Franciliens pendant et après le confinement dû à la crise sanitaire du Covid-19. Elle regroupe différents axes de la vie quotidienne : travail, santé, loisirs et déplacements.

Confinement

Les résultats sont assez sommaires quant à la période de confinement, mais révèlent que les Franciliens l’ont en grande majorité bien vécue : 83 % le disent, en tout cas. La proportion s’élève même à 86 % pour les ménages de 2 personnes et à 88 % pour ceux qui ont pu télétravaillé. Selon cette enquête, ils sont 39 % à avoir eu recours au télétravail (43 % selon une étude Odoxa du mois d’avril). Un usage qui a largement favorisé les CSP+ puisque sur les 60 % d’actifs qui ont eu une activité inchangée, 42 % sont des CSP+.

Elle montre enfin, sans surprise, la hausse du e-commerce : 37 % des Franciliens ont plus acheté qu’auparavant sur les sites dédiés.

Déconfinement

L’enquête d’opinion de l’Institut Paris Région se révèle plus riche d’enseignements sur la période de déconfinement et les perspectives à plus long terme.

1- Le travail

Moins de 1 Francilien sur 2 (44 %) estime qu’il pourra reprendre une activité professionnelle normale. Une proportion qui augmente (54 %) chez ceux dont l’activité est restée inchangée durant le confinement, en priorité ceux qui ont pu télétravaillé, et donc en priorité les CSP+. En revanche, les Franciliens qui ont connu une activité réduite (voire pas d’activité du tout, en majorité ouvriers et employés) durant le confinement sont 45 % à prévoir une reprise dégradée. La crise sanitaire devrait donc bel et bien accentuer les inégalités sociales.

2- Les déplacements

Va-t-on assister à une véritable « vélorution » ? En tout cas, un Francilien sur six envisage de modifier ses habitudes de mobilité et 22 % des cyclistes souhaitent renforcer leur usage du vélo. La défiance envers les transports en commun est quasi inédite. Un quart de leurs usagers semble vouloir les délaisser. Pour quel report modal ? L’enquête ne le dit pas (ou pas encore puisque l’Institut Paris Région doit publier des résultats plus détaillés au mois de juillet), mais un vrai renforcement des modes de transport individuel est à prévoir et le vélo devrait être l’un des grands gagnants. Surtout au sein de la zone dense de l’agglomération, et surtout à Paris.

3- La consommation

Alors qu’ils ont fait confiance à Internet pour s’approvisionner (et donc à Amazon et aux produits venant de partout) durant le confinement, les Franciliens se voient dorénavant locavores. Ils veulent privilégier les produits locaux à 93 % ! Et le made in France à 90 % ! Une tendance qui était dans l’air, mais qui pourrait s’installer durablement pour 39 % d’entre eux.

4- Les priorités

Oubliés le changement climatique et la lutte contre le chômage. Dorénavant, les Franciliens veulent que les pouvoirs publics s’occupent en priorité du système de santé. Comme tous les Français, ils sont tombés de leur chaise en s’apercevant que le « meilleur système du monde » était une ligne Maginot cédant aux premiers coups de boutoir du virus. Pour un Francilien sur trois, l’heure est donc à le rétablir. Sans doute en se servant des nouvelles technologies puisque 41 % des Franciliens pensent recourir à la téléconsultation. Autres priorités : la relocalisation des activités industrielles et le pouvoir d’achat. Alarmant : le changement climatique est devenu une préoccupation mineure, cité par 8 % des sondés.