COVID-19 : 21 avril, jour du croisement des courbes ?

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Au sein du Grand Paris, le nombre de malades hospitalisés pour cause de coronavirus est devenu inférieur à celui des personnes sortant de l’hôpital. Mais des disparités existent selon les départements.

Le mardi 21 avril 2020 aura-t-il été le signal d’un début de la fin ? À cette date, en effet, et pour la première fois depuis le début de l’épidémie de coronavirus au sein du Grand Paris, les courbes se sont croisées : celle qui indique l’évolution du nombre personnes hospitalisées (hosp) et celle indiquant le nombre de retours à domicile (rad). À cette date, et selon les chiffres fournis par data.gouv à partir des données hospitalières relevées par Santé publique France, 8 553 personnes étaient encore à l’hôpital, contre 8 693 la veille, tandis que 8 836 en étaient sorties, contre 8 417 le 20 avril. Autrement dit : les Grands Parisiens affectés par la maladie sont plus nombreux à sortir de l’hôpital qu’à y entrer.

Une inflexion durable ? Peut-être, puisque le nombre de personnes en réanimation (rea) baisse aussi, et ce régulièrement depuis le 9 avril. En revanche, le nombre de décès (dc) continue de progresser inexorablement et il est difficile d’en prévoir l’évolution dans les jours à venir, tant les différences (diff dc) d’un jour sur l’autre sont importantes. Ainsi, le 19 avril comptait 61 décès, soit plus de deux fois moins que deux jours plus tôt, le 17 avril (127 décès). Mais le lendemain 20 avril, il repartait nettement à la hausse avec 121 personnes décédées.

Si l’on regarde plus précisément ce qui se passe au niveau des départements (Paris et petite couronne), concernant les deux courbes qui intéressent avant tout le milieu hospitalier (soit celle du nombre de personnes hospitalisées et celle des retours à domicile), on observe certaines disparités.

À Paris, elles se sont croisées le 19 avril, avec une inflexion du nombre d’hospitalisation dès le 15 avril, celui-ci revenant au niveau qui était le sien trois semaines plus tôt. En parallèle, le nombre de retours à domicile est en nette progression depuis la même date, passant de 2 480 à 3 208 (soit +30%).

Les Hauts-de-Seine connaissent une situation similaire avec un croisement des courbes le 18 avril. Une inflexion, semble-t-il durable, du nombre d’hospitalisés s’est opérée le 12 avril, mais elle est beaucoup moins nette qu’à Paris. En revanche, le nombre de retours à domicile est très clairement à la hausse : +50% depuis le 12 avril.

Dans une situation extrêmement difficile depuis le 1eravril, date à laquelle le département avait connu un afflux soudain d’hospitalisations (+209 personnes), la Seine-Saint-Denis a, elle aussi, vu ses courbes se croiser le 19 avril. D’une manière similaire aux Hauts-de-Seine, elle connaît toutefois une baisse assez lente du nombre d’hospitalisations. Heureusement, son nombre de retours à domicile est en progression constante.

Le cas le plus alarmant est celui du Val-de-Marne où le nombre d’hospitalisations stagne, mais ne fléchit pas vraiment. Après Paris, il est le département le plus touché de la métropole, avec 2 214 personnes hospitalisées au 21 avril. Certes, le nombre de retours à domicile augmente aussi, mais il est loin de connaître la même pente vertueuse que les autres départements : 1 691 personnes étaient sorties de l’hôpital à cette date.

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