De l’influence du Grand Paris sur les régions limitrophes

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Carte de l'Insee montrant l'organisation de l'armature urbaine de l'espace autour du Grand Paris
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DOCUMENT. Le 13 juin, l’Insee publiait une étude sur l’influence de l’agglomération parisienne vis-à-vis des régions périphériques, signalant dans son introduction : « En 2015, l’agglomération parisienne fait figure de mastodonte au sein des villes de France. L’unité́ urbaine de Paris regroupe 10,7 millions d’habitants. C’est sept fois plus que les deux suivantes, Lyon et Marseille, et dix fois plus que la quatrième, Lille, qui, avec Nice, Toulouse et Bordeaux, est proche du million d’habitants. »

La première idée que développe l’étude de l’Insee est celle que le Grand Paris est en fait un Très Grand Paris. Depuis la création des villes nouvelles dans les années 1960, la capitale s’est desserrée à tel point que son dynamisme est perçu essentiellement à ses franges : « Ainsi la croissance de l’emploi et de la population au sein de Paris et de sa petite couronne a été en moyenne plus faible que dans le reste de l’Île-de-France entre 1975 et 2015 », écrivent les auteurs de l’étude. Par ailleurs, la région-capitale se révèle être aussi un véritable mastodonte qui ne laisse pas la possibilité aux grandes villes qui lui sont proches de se développer. Ainsi, Creil (Oise), seule ville dont l’aire urbaine dépasse les 100 000 habitants, située à moins de 100 km de Paris, pointe à la 50eposition dans la hiérarchie urbaine. Par comparaison, Saint-Étienne, proche de Lyon, est 16e, et Toulon, près de Marseille, est 9e.

Il faut dire que Paris opère comme un aimant particulièrement puissant en ce qui concerne les zones d’emploi, déplaçant des populations de plus en plus éloignées de l’Île-de-France : « Au-delà de 100 km de Paris, plus de 90 % des déplacements domicile-travail avec la zone d’emploi parisienne se font en direction de cette dernière », dit l’Insee. Ces échanges ont formé un espace autour de la région parisienne qui comprend douze départements des cinq régions limitrophes : l’Yonne pour la Bourgogne–Franche-Comté, l’Eure-et-Loir, le Loiret, le Loir-et-Cher et l’Indre-et-Loire pour le Centre-Val de Loire, la Marne et l’Aube pour le Grand Est, l’Aisne, la Somme et l’Oise pour les Hauts-de-France, et la Seine-Maritime et l’Eure pour la Normandie.

Il n’en demeure pas moins que de nombreux territoires situés en dehors de l’Île-de-France se développent en raison des liens intenses qu’ils ont tissés avec celle-ci. Ils se trouvent, selon l’Insee, principalement au Nord et à l’Ouest. Toutefois, la crise économique et financière de 2008-2009 a affecté ces territoires bien plus qu’elle n’a dégradé la situation au sein de la métropole parisienne.