Hermitage Plaza : Emin Iskenderov annonce qu’il va annoncer la construction de ses tours

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Prévisualisation du chantier des tours Hermitage Plaza.
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Il n’y a jamais grand chose à attendre d’une conférence de presse avec Emin Iskenderov. Communication bloquée, annonces au compte-gouttes, et surtout : on ne parle pas d’argent. Ce matin, il avait donc convié les journalistes pour une sorte de teaser : leur annoncer qu’il les rappelera plus tard, et, par la même occasion les informer qu’il venait de signer avec Bouygues Bâtiment Île-de-France un accord faisant entrer la société de construction au capital de la SCI Hermitage Plaza. Montant de la participation ? Inconnu. Pourcentage ? Inconnu, mais minoritaire. Directeur général de Bouygues Bâtiment Île-de-France, Bernard Mounier confirmait : « Cela fait six ans que nous accompagnons Hermitage techniquement. Lorsque M. Iskenderov nous a proposé cette participation, nous avons trouvé cela élégant et nous avons accepté. »

Un chantier écourté

Lancé en 2007 dans le cadre du concours de la tour Signal, ce projet de tours jumelles pour La Défense devait initialement trouver son achèvement en 2014. Emin Iskenderov préfère, lui, parler de « deux années de perdues » quand il prévoit la fin d’un chantier en 2020. « Mais ces deux années nous ont été profitables, finalement. D’abord, parce que les choses vont mieux en France, économiquement parlant. Ensuite, parce que l’Euro a chuté et que les investisseurs étrangers bénéficient automatiquement d’une ristourne. » Acheteurs étrangers qui seront la principale cible d’Hermitage pour vendre ses appartements de luxe à environ 12 000 €/m2. « Enfin, parce que des améliorations dans les méthodes de construction sont apparues depuis peu et doivent nous permettre de gagner un an et demi sur le chantier » qui durerait donc 4 ans et demi plutôt que 6.

Hormis sa participation, c’est ce qu’apporte Bouygues dans le panier : un savoir-faire issu des techniques de rénovation qui doivent permettre de monter les tours à raison d’un étage tous les 3 jours au lieu de 4. Cette réduction de délai pour la superstructure implique certaines modifications architecturales intérieures, mais « pour Hermitage, l’impératif c’est le délai », prévient Bernard Mounier.

Phasage favorable

Même si Emin Iskenderov a une notion du temps un peu particulière et une forte réticence à évoquer les questions de financement (« Des banques européennes seront impliquées »), il n’en demeure pas moins que l’implication de Bouygues dans le projet est un signal de son accélération. Ce dernier vient d’ailleurs de lancer le 7 octobre une enquête publique sur la construction d’un port provisoire le long de la Seine censé desservir le chantier en matériaux. Par ailleurs, des travaux préparatoires sur les réseaux de froid demandés par l’EPADESA se sont achevés en septembre.

Reste le cas des habitants et des commerces du quartier des Damiers sur lequel les tours doivent être construites. « Nous avons passé un accord avec le restaurant des Feuillantines qui fermera d’ici la fin de l’année, explique Gilles Soulié, vice-président d’Hermitage, ce qui libèrera l’emplacement destiné à construire la première des deux tours (tour Est). » Huit habitants vivent encore dans l’immeuble Anjou dont la démolition conditionne l’érection de la tour Sud, « mais celle-ci n’entrera en chantier que neuf mois après la première », précise Gilles Soulié. Soit un phasage favorable à l’enchaînement des constructions.

En tout état de cause, Hermitage Plaza pourrait donc entrer en phase active dès 2016 pour « un budget qui reste le même, soit 2,9 Mds€ », note Emin Iskenderov. Pas tout à fait puisque lui-même parlait de 2,3 Mds€ en 2013.