Huit propositions pour développer les matériaux biosourcés

240
logo comité liaison matériaux biosourcés
Print Friendly, PDF & Email

Le Comité de liaison des matériaux biosourcés d’Île-de-France lance un manifeste et élabore huit propositions pour « relancer l’activité agricole, du bâtiment et de la construction, mais aussi créer des savoir-faire et des emplois pérennes, non délocalisables. »

« La crise sanitaire a profondément et durablement impacté notre société, l’aménagement des territoires et le secteur du bâtiment. Cette crise révèle l’ampleur des problématiques, d’inégalités, mais surtout de besoins et d’aspirations collectives qui ne sont plus négociables », écrit le Comité de liaison dans son manifeste. Poursuivant : « Recourir aux ressources de proximité, humaines et naturelles, c’est consolider la chaîne des acteurs, pérenniser les savoir-faire, offrir des possibilités nouvelles à nos régions. Construire en structure bois permet de réduire l’empreinte carbone d’un bâtiment de 25 % sur toute sa durée de vie ; une maison en paille de 100 m2 stocke 18 tonnes de carbone et un habitat isolé en béton de chanvre stocke 20 tonnes de C02. En France en 2019, près de 10 % des logements neufs ont été réalisés en matériaux biosourcés ; 20 % des bâtiments et d’activités tertiaires : une part de marché qui ne cesse d’augmenter. »

Les huit propositions du Comité de liaison : 

Agir localement 
1 – Systématiser l’éco-conditionnalité des aides publiques (collectivités et État) à des critères tels que : circuits de proximité, matériaux renouvelables, captation de carbone, sobriété énergétique, biodiversité, effets sanitaires…
2 – Soutenir l’installation d’unités de production et de transformation à l’échelle régionale afin de développer des filières locales de matériaux et d’encourager la demande
3 – Identifier puis cartographier les ressources territoriales en matériaux et le réseau des professionnels en capacité de les mettre en œuvre avec le soutien des pouvoirs publics

Agir au plan national 
4 – Fixer un plafond maximal d’émission de gaz à effet de serre et un seuil minimal de stockage de « carbone biogénique » pour le bâtiment dans le cadre de l’élaboration de la Réglementation Environnementale 2020
5 – Renforcer les critères d’attribution du « Label Bâtiment Biosourcés » par la révision et l’extension de ses niveaux, et en mettant en place des dispositifs incitatifs
6 – Mettre en place un nouveau dispositif de « fiscalité verte » au bénéfice des acteurs et entreprises qui investissent dans la Transition écologique et l’Économie locale
7 – Intégrer les filières biosourcées au sein des instances d’information (CSCEE, base HQE-INIES) et les décliner au plan régional pour rééquilibrer le pilotage des politiques de ce secteur et de la Construction
8 – Créer un système « Bâti-Score », à l’image du nutri-score alimentaire, afin de prendre en compte et valoriser la Santé des usagers dans l’aménagement et la Construction

Institué en 2018, le Comité de liaison des matériaux biosourcés d’Île-de-France fédère l’Ordre des architectes d’Île-de-France et la Chambre d’agriculture de Région Île-de- France, les interprofessions régionales des filières bois (FrancilBois), chanvre (Construire en Chanvre en Île-de- France) et paille (Collect’IF Paille) ainsi que des acteurs nationaux de ces filières (UICB et AICB, Interchanvre, RFCP). Y sont présents en expertise les services de l’État en région (DRIAAF et DRIEA), l’Ademe-IDF, la Région Île-de-France, Ekopolis.