Le Grand Paris brille par sa non-parité

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Qu’il s’agisse des collectivités territoriales ou des structures étatiques, la métropole parisienne compte une infime proportion de femmes pour les diriger. Telle est la conclusion du Baromètre 2020 de la Mixité.

Paris Île-de-France Capitale Économique et le Cercle des Femmes du Grand Paris publient l’édition 2020 de leur Baromètre de la Mixité du Grand Paris. Celui-ci tend à évaluer la parité à l’œuvre au sein des collectivités territoriales de la métropole parisienne.

Les chiffres ne sont guère reluisants. Premier constat : le Grand Paris compte 22 % de femmes maires en 2020. C’est mieux qu’en 2014 (16 %) et presque deux fois plus qu’en 2008 (12 %), années d’élections municipales. Toutefois, comme le notent les auteurs du baromètre : « A ce rythme, la parité dans le nombre d’élus sera atteinte en… 2044 pour le centenaire de l’ordonnance sur le droit de vote des femmes. »

Fort heureusement, pourrait-on dire, Anne Hidalgo est maire de Paris. Ainsi, grâce au poids démographique de la capitale au sein de la métropole, ce sont 43 % des Grands Parisiens qui sont représentés par une maire. Une sorte de « presque parité » en trompe-l’œil, donc.

Paris fait aussi figure d’exception en ce qui concerne la mixité de sa direction administrative. « Parmi les directeurs nommés par Madame Hidalgo, 57 % sont des directrices », note l’étude. L’exemple viendrait-il d’en haut ? Oui si l’on croit les chiffres constatés pour le Conseil régional d’Île-de-France. Présidé par Valérie Pécresse, il compte 52 % de directrices. Oui encore si l’on jette un œil aux sept départements franciliens : « Six d’entre eux sont présidés par des hommes… et parmi leurs sept directeurs généraux des Services, on dénombre six hommes. »

Quant aux Établissements publics territoriaux (EPT), c’est la bérézina : 11 EPT = 11 présidents. Et pas une seule directrice à la tête des services.

En son sein, la Métropole du Grand Paris fait des efforts en atteignant la parité à la tête de ses services. Mais ses vice-présidents sont à 80 % des hommes.

Voilà pour les collectivités territoriales. Mais le baromètre va un peu plus loin et observe ce qui se passe au niveau des instances étatiques du Grand Paris : « Pour la première fois depuis longtemps on ne trouve aucune femme ni parmi les préfets de départements, ni à la préfecture de région, ni à la préfecture de police. » Faudrait-il regarder du côté des établissements publics pour se rassurer un peu ? On devine la réponse : c’est non. Qu’il s’agisse des Établissements publics d’aménagement (EPA) ou des EPIC, le résultat est : 1 femme sur 21 dirigeants nommés par l’État.