Les villes franciliennes où les CSP+ peuvent retrouver les CSP+

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Télétravail, appartements trop petits, besoin d’espaces verts et d’horizon, rejet de la pollution et du bruit du trafic… Un autre Grand Paris serait possible, un Grand Paris post-confinement, un Grand Paris un poil plus grand et surtout dédié aux chouchous de la métropole : les CSP+. Eux qui étaient quasiment les seuls à envisager de pouvoir acheter un appartement à Paris (86 % des transactions de logements anciens à Paris en 2018, selon une étude des Notaires du Grand Paris) pourraient décider dorénavant d’investir la deuxième couronne. Selon pap.fr, la recherche de biens est d’ailleurs en train d’exploser en Seine-et-Marne, dans les Yvelines et en Essonne.

Le site cadremploi.fr surfe sur la tendance et publie donc une enquête sur les villes franciliennes les plus attractives pour les cadres qui veulent quitter Paris et se mettre au vert, sans aller trop loin. Prix de l’immobilier, cadre de vie, accessibilité en transport, taux de couverture par la fibre et surtout… entre-soi : cadremploi.fr fait mouliner tout ça et ressort cinquante villes notées sur 20.

Le trio de tête

En tête : Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), 16,61/20. Ses avantages : une très belle forêt, un taux de couverture fibre presque à 100 %, des temps de trajet en train vers Paris relativement courts (35 minutes) avec une grosse fréquence (un train toutes les 5 minutes) et un quart de CSP+ déjà sur place. Inconvénients : la ville du PSG est chère et propose assez peu de maisons dans son unité urbaine.

Deuxième : Gif-sur-Yvette (Essonne), 16,6/20. À Gif aussi, on est bien entre soi (27,60 % de CSP+). Autre point fort : Gif propose beaucoup de maisons et pas très chères. En revanche, question déplacements c’est pas top : 51 minutes pour rejoindre Paris en train en attendant jusqu’à 12 minutes. Question fibre, peut mieux faire : un taux de couverture de 78 %.

Troisième : Maisons-Laffitte (Yvelines), 16,54/20. Là, question entre-soi, on ne fait pas mieux en grande couronne : 28,3 % de CSP+ (pour information : Paris, c’est 29% et Neuilly-sur-Seine, 30%). Pour la couverture fibre, c’est aussi parfait: plus de 99 %. Et le temps de trajet en train (32 minutes) est très bon. En revanche, la « Cité du Cheval » est très chère et propose peu de maisons.

Cercle vicieux pour certains ou vertueux pour d’autres, plus il y a de CSP+ dans une ville, plus on conseille aux autres CSP+ de rejoindre cette ville. Les fractures territoriales ont donc de beaux jours devant elles.

Autre enseignement : si l’on observe la carte des 10 villes les plus attractives (ci-dessus) selon cadremploi.fr, on voir clairement qu’exceptée la commune de Gif-sur-Yvette, toutes les autres se situent en bordure de la métropole du Grand Paris, au sein de ce que l’on nomme la zone dense. Autrement dit, quand cadremploi.fr parle de se mettre au vert en grande couronne, ce n’est pas non plus migrer en espace rural au fin fond de la Seine-et-Marne ou des Yvelines.

Yvelines : la victoire de l’entre-soi

Côté département. Pas de surprise : les Yvelines sont largement en tête. Elles placent 17 villes dans le top 50 et même 5 sur les 10 premières : Saint-Germain-en-Laye, Maisons-Laffitte, Montigny-le-Bretonneux, Versailles et Chatou. Sur ces 17 villes, on note un taux de CSP+ existant de 20,6 %. Pas mieux. Le département bénéficie aussi d’espaces verts conséquents et d’une accessibilité renforcée aux zones d’emploi de l’ouest francilien (La Défense, Levallois-Perret, Issy-les-Moulineaux et triangle d’or parisien).

Derrière, l’Essonne se défend pas mal : 14 villes sur 50 et 3 dans le top 10. L’entre-soi y est moins favorable, mais l’immobilier des maisons y est attractif.

Le Val-d’Oise ne place aucune ville dans le top 10 et 10 parmi les 50 premières. Sa ville la plus attractive pour les CSP+ ? Cormeilles-en-Parisis. Une offre immobilière très conséquente et peu chère, mais une couverture fibre horrible (taux de 21,90 %)

Enfin, la Seine-et-Marne est clairement délaissée : 9 villes dans le top 50 et 2, tout de même, dans les 10 premières : Ozoir-la-Ferrière et Bussy-Saint-Georges. Les villes du 77 offrent pourtant un marché immobilier attractif et de nombreuses zones vertes, mais il faut préférer vouloir éviter les CSP+ pour désirer y vivre.

Les cancres : une ville, un chiffre

Villeparisis (77)
8,30 % : le taux de CSP+ vivant dans la ville.
Soit une personne sur douze, à peu près. Pas beaucoup de possibilités en termes d’apéritifs dinatoires. Du coup, pour cadremploi.fr, Villeparisis est bonne dernière du classement. Le taux de CSP+, c’est implacable.

Savigny-sur-Orge (91)
2,10 % : le taux de couverture fibre.
Là aussi, c’est rédhibitoire pour des cadres qui veulent télétravailler deux jours par semaine. Ou alors, il faut y installer un petit magasin qui vend des clés 4G.

Élancourt (78)
76 minutes : le temps de trajet minimum en train vers Paris. 
Un enclavement dramatique. Autant habiter à Maintenon (Eure-et-Loir), un peu plus loin sur la route, mais à 50 minutes en train.

Ermont (95)
0,00 % : la part de zones vertes et non artificialisées dans l’unité urbaine.
Ils font pousser des fleurs en plastique à Ermont ? En fait, cadremploi.fr est un peu sévère, il y a quelque tâches vertes à Ermont :

Versailles (78)
7 120 € : le prix médian au m2 en 2019 des maisons anciennes.
Qui plus est, Versailles possède, avec Massy (91) la plus faible proportion de maisons au sein de l’aire urbaine. Conclusion : à Versailles, il faut préférer vivre en appartement (ce qui est contraire à l’esprit de l’enquête de cadremploi.fr) ou être CSP+++.