Paris, l’appel de la baisse

281
Panneaux de vente immobilière
Print Friendly, PDF & Email

Et si les prix de l’immobilier à Paris baissaient ? Il y a encore quelques mois, on aurait pu parler de politique-fiction. Cependant, les analyses de la start-up Yanport montrent une forte hausse de biens disponibles dans certains secteurs de la capitale.

Si Paris se vide, Paris pourrait bien aussi baisser. Yanport, qui étudie les données immobilières résidentielles sur plus de 150 millions d’annonces, constate un renversement de tendance dans plusieurs arrondissements parisiens sur le volume du stock immobilier disponible à la vente.

Ainsi, par rapport au mois d’avril 2020, Yanport a observé un doublement de biens disponibles à la vente au mois de juillet dans la capitale. Et l’explique de deux manières : « Un excès de biens à vendre disponibles, qu’il y aurait tout de même eu en l’absence de crise, et un report des offres qui auraient dû être faites durant le confinement. Ce surplus de biens à vendre qui s’est ajouté à la crise s’explique notamment par la volonté des Parisiens de quitter la ville afin d’avoir un logement plus spacieux et confortable en banlieue ou en province. »

Le chemin de la décroissance

Yanport constate même un fait « significatif » : le mois d’août, propice à la vente, n’a pas résorbé l’excès de biens disponibles à la vente. Et son fondateur, François Comer, de préciser : « Si la demande ne suit pas cette abondance de biens sur le marché, on peut s’attendre à une stabilisation des prix, qui semble amorcée, puis une baisse dans les mois à venir »

Quelle vienne de données bigdata, de sondages, de constatations de terrain, la tendance est là et ne cesse de s’affirmer : Paris subit une désaffection telle que le chemin tracé pourrait bien devenir celui de la décroissance. En tout cas, celle des prix. C’est en effet une conséquence directe possible de la hausse de l’offre par rapport à la demande. « D’une part, il y aura des vendeurs qui seront tentés d’actualiser les prix affichés à la baisse, faute de trouver des acquéreurs. D’autre part, le pouvoir de négociation des acheteurs pourra être renforcé face à un excès d’offres », note ainsi Yanport.

Fracture est/ouest

Cette tendance baissière pourrait surtout affecter le nord-est parisien qui enregistre une variation de biens oscillant entre +60 et +70 % d’excès par rapport à l’an dernier. L’ouest parisien semble plus stable avec des excès situés entre 0 et +30 %.

Si le phénomène devait se poursuivre, les écarts de prix entre l’est et l’ouest parisien pourraient donc se creuser encore plus. Au mois de juin, l’observatoire LPI-SeLoger montrait que la crise sanitaire avait déjà fortement accentué les écarts de prix : celui constaté entre l’arrondissement le plus cher (7e) et le moins cher (19e) atteignait 80 %.