Paris, l’appel de la location

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Plus de logements disponibles pour les Parisiens ? Selon une étude du groupe SeLoger, les conséquences combinées de la crise font nettement repartir à la hausse le marché locatif dans la capitale.

Après les données de pap.fr sur les intentions d’achat des Franciliens et l’analyse de Yanport sur la hausse des biens disponibles, une troisième étude, émanant cette fois de seloger.fr, vient confirmer les interrogations qui pèsent sur le marché immobilier à Paris. Les chiffres concernent cette fois ceux de la location.

Le triple effet

La crise sanitaire qui pèse sur les revenus des ménages franciliens tout en dotant certains territoires situés hors des grands centres urbains d’une attractivité nouvelle ne les pousse pas forcément à l’exode. D’autant que les conditions d’accès à l’emprunt immobilier se sont durcies au point de provoquer une baisse de -40 % de ces crédits. L’activité touristique a elle aussi subi un véritable séisme, faisant de la location saisonnière, jusqu’alors en plein boom, une terre brûlée. Résultat : bon nombre de propriétaires qui tiraient leurs revenus de la location à courte durée ont dû réviser leurs plans, désertant Airbnb pour des baux en bonne et due forme. « Moins rentable, précise seloger.fr, mais également moins risquée ».

Baisse des revenus, durcissement des crédits, abandon de la location saisonnière : un triple effet qui n’hésite pas le site spécialisé à prophétiser : « Nous pourrions bien être en train d’assister aux prémices d’une formidable montée en puissance de la location. »

Un marché moins concurrentiel

Les chiffres sont éloquents. Sur un an, la plupart des grandes villes françaises enregistrent une forte hausse de l’offre locative : +39 % à Bordeaux, +34 % à Rennes, +52 % à Nice. À Paris, la hausse atteint même +64 %. Ce revirement fulgurant de la location saisonnière parisienne vers la location longue durée (qui fait dire à seloger.fr qu’un « quartier comme celui du Marais a vu son écosystème locatif gravement compromis, sinon métastasé, par la prolifération des locations touristiques de courte durée ») pourrait rééquilibrer le rapport entre l’offre et la demande au profit des locataires ou tout au moins faire apparaître le marché de la location « comme étant nettement moins concurrentiel entre locataires potentiels ».

Des prix stables

Pur autant, le prix moyen des loyers dans les grandes villes ne connaît pas de baisse significative sur un an. Il baisse légèrement à Strasbourg et Nice (-3 et -4 %). Il augmente légèrement à Lyon et Nantes (+1 et +3 %). Il reste stable à Toulouse, Marseille et Paris où le loyer moyen mensuel s’élève à 1 616 euros. Porte-parole du groupe SeLoger, Séverine Amate prévient même : « Onpeut imaginer que l’appel d’air créé par les restrictions dont font l’objet les conditions d’obtention d’un crédit immobilier et qui fait s’engouffrer dans la brèche du locatif de plus en plus d’ex-candidats à l’achat, mais aussi d’ex-propriétaires pourrait contribuer à booster la demande locative et, par voie de conséquence, à faire monter les loyers dans certaines villes. » D’autant que, comme le montre le dernier baromètre LPI-SeLoger, après une brève accalmie, la hausse des prix immobiliers a repris largement à la hausse : +5 % en moyenne sur un an. Et le délai pour obtenir un logement social en Île-de-France ne cesse de s’allonger.

Reste pour Paris une donnée qui interroge : malgré la hausse de +64 % d’annonces locatives, le nombre de recherches a, lui, baissé de -23 %.