Paris n’est pas faite pour les chiens

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Photo d'un chien près de la terrasse d'un café parisien
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Une étude de l’assureur allemand Coya s’est intéressée au bonheur des chiens au sein de 50 grandes villes du monde. En milieu de classement, la capitale française leur ouvre facilement ses restaurants, mais peine à responsabiliser leurs propriétaires.

Le 26 août, c’était la Journée mondiale du chien. La compagnie allemande Coya, spécialisée dans l’assurance des animaux de compagnie, a réalisé une étude cherchant à déterminer quelle était la ville au monde où les chiens étaient les plus heureux. Si l’on classe les villes pour leur attractivité économique, pour le prix de leur loyer, pour leur qualité de vie, pour leur enseignement supérieur ou même pour le prix de leur BigMac, il n’y a pas de raison qu’on ne le fasse pas non plus pour les chiens.

L’assureur a surtout remarqué que l’une des conséquences de la crise sanitaire et du confinement du printemps qui en a résulté fut une très forte augmentation de l’adoption d’animaux de compagnie. En France, la Société protectrice des animaux avait enregistré, à la mi-avril, 10 000 demandes d’adoption de chats et de chiens. Craignant toutefois une adoption de circonstance qui aurait pu déboucher sur un abandon de l’animal après la crise, elle n’a permis l’adoption que de 650 bêtes.

Un chien est très heureux à San Francisco

Coya (qui pourrait être un nom de chien) a dressé une liste restreinte de villes précédemment connues pour être accueillantes aux toutous et en a retenu 50 dont les données pouvaient être comparables et disponibles. Elle a ensuite dressé des critères : nombre de parcs, d’animaleries, de vétérinaires et d’établissements acceptant les chiens (hôtels et restaurants notamment), coûts engendrés par l’animal, nombre de chiens abandonnés par année et amendes officielles pour ne pas avoir nettoyé les déjections canines.

Résultat, sur l’ensemble des critères, San Francisco arrive en tête, suivie par Seattle et Tel-Aviv. La première ville européenne est Prague, qui se place 4e. Bonne dernière : Singapour. En France, Paris obtient la 27e place et fait mieux que Montpellier (33e) et Marseille (35e).

Paris, du resto aux déjections

  • En milieu de classement, Paris obtient d’ailleurs des notes moyennes pour de nombreux critères.
    • Avec 79 chiens pour 1 000 habitants, la voici 23e. Très loin derrière Seattle dont le ratio est trois fois supérieur (246 chiens pour 1 000 habitants).
    • Le coût d’un chien à Paris (tout au long de sa vie) étant estimé à 18 356 dollars US, cela place la capitale à la 29e place. Il faut aller à Varsovie pour trouver le coût le plus abordable : 10 428 dollars US.
    • Au 24e rang, Paris est aussi en milieu de classement concernant l’abandon. Peu encourageant quand même. Ce sont les Suisses qui sont le plus fidèles à leurs chiens : Bâle est 1ere, Zurich 2e et Genève 6e.
    • Paris se classe encore plus mal sur le nombre d’animaleries (43e) et le nombre de vétérinaires (34e). De quoi susciter des vocations.
    • En revanche, la capitale s’offre une belle 6e place concernant l’accueil réservé aux chiens dans les restaurants (« dog-friendly restaurants »), devancée uniquement par Tel-Aviv et quatre villes américaines. En qui concerne la gastronomie, l’honneur est sauf.

Reste le gros point noir. Car Coya a aussi enquêté auprès des propriétaires de chiens pour savoir comment ils envisageaient leur responsabilité vis-à-vis des déjections canines de leur animal. Et là, c’est le drame. Paris est 50e et dernière. D’où la sensibilité des touristes à la propreté des trottoirs parisiens.

Des parcs sans quatre pattes

En 2018, malgré les 400 jardins de la capitale (sans compter les bois de Vincennes et de Boulogne), seule une dizaine d’espaces verts accueillaient les chiens. Pénélope Komitès, alors adjointe à la mairie de Paris en charge des espaces verts et de la nature, avait annoncé vouloir « renforcer la présence de l’animal en ville et promouvoir son bien-être » et de « faire de Paris une ville qui accorde toute sa place aux animaux, notamment domestiques ». La municipalité prévoyait ainsi « un élargissement de l’accès des chiens tenus en laisse et non classés dangereux aux allées des jardins ne disposant pas d’aires de jeux, ou dans les bois parisiens ». La politique de la ville n’a pas dû être assez ambitieuse pour Coya puisque Paris est seulement 34e en termes de parcs ouverts aux toutous, battue, de très loin, par New York. Peut-être faudra-t-il pour que les chiens soient plus heureux à Paris que les Parisiens soient plus exigeants sur leurs besoins (ceux des chiens, bien entendu).

L’ensemble de l’étude est disponible ici.