Six mesures d’urgence contre les inégalités territoriales

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Rassemblement à La Courneuve le 23 juin.
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À l’initiative de Gilles Poux, maire de La Courneuve, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées le 23 juin à La Courneuve pour dénoncer les inégalités territoriales.

Les organisateurs de cette mobilisation rappellent « qu’à La Courneuve, on déplore :
1/ 5 fois moins de professionnels de santé qu’à Paris (pour 1000 habitants) et 6 fois moins de spécialistes en psychiatrie qu’en France.
2/ Un budget de politique de la ville nettement inférieur à la moyenne nationale (28 € par an et par habitant à La Courneuve contre une moyenne nationale de 42 €).
3/ Des professeurs majoritairement peu expérimentés et des taux de non-remplacement de professeurs préoccupants.
4/ 1 conseiller Pôle Emploi pour 160 chômeurs, alors que la moyenne est de 116 pour la France entière (le taux de chômage est de 27 % à La Courneuve quand la moyenne nationale est à 10 %).
5/ 24 policiers nationaux en moins que la moyenne nationale, alors qu’il y a 2 fois plus de mineurs mis en cause dans des faits de délinquance à La Courneuve qu’en Seine-Saint-Denis.
6/ Une baisse cumulée de la dotation globale de fonctionnement de 14,1 millions d’euros en 5 ans, soit 4,5 millions d’euros par an. »

Dans une Lettre ouverte au président de la République, Gilles Poux, les citoyens, associations et personnalités signataires, formulent six mesures d’urgence pour rétablir l’égalité républicaine dans les territoires populaires.

1/ Un réel plan social : instauration du RSA pour les jeunes de moins de 25 ans, année blanche pour les expulsions locatives dans le public et le privé pendant une année, mise à niveau des moyens pour lutter contre les violences sexistes et de l’Aide sociale à l’Enfance.

2/ Une remise à niveau de tous les services publics : moratoire sur les fermetures de services publics, interdiction des baisses de moyens et remise à niveau de tous les services publics dans les territoires populaires, instauration d’une autorité administrative indépendante (AAI) pour contrôler la mise en œuvre de cette remise à niveau et évaluer les discriminations entre les territoires.

3/ Un plan pour la santé : remise à niveau de l’hôpital public, soutien aux centres de municipaux de santé, et instauration d’un fonds d’incitation à l’installation de médecins dans les zones déficitaires.

4/ Une vraie politique pour l’emploi dans les quartiers : le président de la République avait promis en 2018 lors de l’annonce de son « Plan Banlieue » avorté de travailler avec les 100 grandes entreprises de France contre les discriminations. Depuis, rien ne s’est passé. La création « d’emplois réussite » au sein des grandes entreprises doit se généraliser.

5/ Un plan pour l’éducation : des moyens pour l’accompagnement éducatif, le soutien scolaire, la remise à niveau des Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED) et des médecins scolaires, des moyens contre la rupture numérique, la création d’un service public de la petite enfance, la formation, le recrutement d’AESH (Accompagnement des élèves en situation de handicap) pour les élèves en situation de handicap, la généralisation des projets d’éducation artistique et culturels (EAC) dans les écoles, collèges et lycées,…

6/ Un plan ambitieux de lutte contre les violences policières : avec l’interdiction du plaquage ventral, l’accélération des procédures judiciaires, la suspension systématique des policières et policiers impliqués dans une affaire de violences, des sessions de formation plus intensives et régulières pour les forces de l’ordre, l’instauration d’un récépissé contre le contrôle au faciès et à minima des Assises nationales pour faire émerger davantage de solutions et favoriser les relations entre les forces de l’ordre et la population…

Concernant l’AAI, une proposition de loi doit être déposée à la rentrée de septembre.