7 chiffres qui donnent la mesure de 2020 en Île-de-France

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Chiffres ile de france 2020
A vélo dans le grand paris
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LISTICLE. L’année 2020 sera à jamais celle du coronavirus, une année exceptionnelle marquée par les mesures exceptionnelles qui ont accompagné la crise. Consommation électrique, immobilier, commande publique, etc. Voici sept pourcentages qui, en Île-de-France, la décrivent à leur manière.

Le térawattheure plonge

-6,6 %, c’est :
la baisse de la consommation brute d’électricité en Île-de-France en 2020, selon le bilan dressé par RTE au mois de mars 2021. Soit une consommation de 65 TWh (contre 69,6 TWh en 2019). Cette baisse est plus marquée en Île-de-France qu’à l’échelon national (-5,2 %). Comme ailleurs en France, elle s’explique par une consommation particulièrement réduite dans la grande industrie : -12,4 %. Mais aussi par la forte chute des consommations dans les transports ferroviaires (-16,7 %) et dans le secteur tertiaire (-8,4 %). Or, ces deux secteurs sont habituellement les plus « électrivores » d’Île-de-France. On s’aperçoit ainsi à quel point la baisse des mobilités a impacté le premier et des conséquences du télétravail sur le second.

Les soldes ne servent à rien

62 %, c’est :
la part de commerçants franciliens pour qui les soldes d’hiver de 2021 n’ont pas généré de chiffre d’affaires supplémentaire, selon une étude du CROCIS. Après une année 2020 sinistrée (42 % des commerçants déclarent pour l’année 2020 une perte de chiffre d’affaires égale ou supérieure à 50 % par rapport à 2019), ils auraient pu espérer une ruée consommatrice. Il n’en a rien été. Et ce, malgré des ristournes importantes de -50 % à -70 % dès les premiers jours des soldes. De nombreuses raisons sont invoquées par les commerçants pour expliquer le désastre : la peur du virus, le couvre-feu, l’absence de touristes, l’habitude prise d’acheter en ligne, mais aussi l’animation des rues ou encore le télétravail qui a éloigné les salariés des commerces proches de leur emploi.

Les distributeurs de cinéma sont K.O.

-80 %, c’est :
la perte de chiffre d’affaires de certains distributeurs de cinéma, selon le Syndicat des Distributeurs indépendants (SDI) cité par une étude du CROCIS. Le Centre national du cinéma (CNC) dénombre 971 distributeurs actifs en France, et quasiment la totalité d’entre eux est située en Île-de-France, pour être proche de leurs partenaires naturels : producteurs, chaînes de télévision, réseaux d’exploitants… La distribution de films est une activité déjà qualifiée de très risquée, mais la crise sanitaire et la fermeture des salles l’ont précipitée dans une crise dont on ne sait comment elle se relèvera. Certes pas pour les grandes majors américaines (Walt Disney, Warner, Universal…) qui représentent 50 % du marché, mais pour la myriade de petits distributeurs indépendants (71 % d’entre eux n’ont pas de salariés). D’autant que les studios hollywoodiens ont prévu d’envahir les écrans en 2021 en distribuant plus de huit films par mois. Quelles miettes pour les indépendants ? Et quelles répercussions pour l’ensemble du cinéma français, dont l’économie est un écosystème : en investissant un minimum garanti dans la plupart des films, les distributeurs jouent un rôle fondamental dans le financement des films.

Les halls des salons sont désespérément vides

71 %, c’est :
la part de salons annulés ou organisés en version digitale en 2020, selon un bilan de la CCI Paris Île-de-France. Soit 317 salons. Régulièrement, la CCI dresse l’inventaire sans fin des salons annulés en Île-de-France. Le dernier, en date du 8 juin, qui recense les salons sur les 6 premiers mois de l’année 2021, fait 8 pages. C’est dire que cette année pourrait être aussi terrible que la précédente qui n’a… pas de précédent. Qu’il s’agisse de fréquentation, de présence des exposants ou de surface de stands, tous les indicateurs frôlent les -80 % (par rapport à 2019). Du jamais vu pour une région qui se targue d’être la première au monde en la matière. En termes de chiffres, c’est aussi colossal : 7,4 millions de visiteurs ne sont pas venus et 85 000 entreprises n’ont pas pu exposer. Pour elles, en termes de retombées économiques, c’est : 17,2 milliards d’euros de ventes non réalisées.

La commande publique s’est effondrée

-13,1 %, c’est :
le pourcentage de baisse de la commande publique en 2020, selon une étude de l’assemblée des communautés de France (AdCF). Cette commande publique s’élève à 14,4 milliards d’euros pour l’année 2020 contre 16,5 milliards en 2019. La baisse est forte, mais elle n’est pas nouvelle. En 2014, une baisse similaire avait été constatée. Et, de manière globale, la commande publique baisse en France et en Île-de-France depuis 10 ans. Cette baisse est aussi moins forte en région francilienne qu’au niveau national (-18 %). Heureusement, puisque l’Île-de-France pèse pour 20 % dans la commande publique. Qu’il s’agisse des opérateurs publics, de l’État, des collectivités, des bailleurs sociaux, des hôpitaux, tous les donneurs d’ordre sont concernés. Idem, en ce qui concerne les destinataires des commandes : tous les secteurs économiques sont concernés. Et tous les départements aussi, de manière quasi identique. Parmi les huit départements franciliens, la Seine-Saint-Denis se différencie tout de même : elle le seul département dont la commande publique a progressé depuis 2012. 

Les Franciliens se prennent pour des écureuils (pas tous)

+8,9 %, c’est :
l’augmentation de l’encours des dépôts des ménages franciliens entre fin février et fin juillet 2020, selon la Banque de France. En cinq mois, les Franciliens ont déposé 32,8 milliards d’euros sur leurs différents comptes et livrets bancaires. Une hausse inédite, la plus élevée de France (+6,8 % en moyenne) qui, évaluée par ménage, est encore plus remarquable : +6 330 euros, près du double de la moyenne de la France métropolitaine (+3 532 euros). Si les Franciliens ont encore plus épargné que les autres, c’est pour plusieurs raisons : d’abord parce que le budget alloué à la culture et aux loisirs y est plus important qu’ailleurs et la fermeture de tous les lieux afférents a donc eu un impact ; ensuite parce que la région comporte une part importante de CSP+, l’épargne s’étant d’ailleurs concentrée vers les 40 % les plus riches. D’ailleurs, cette épargne colossale ne peut masquer d’énormes différences selon les territoires. Ainsi, au 24 août 2021, la Banque de France comptabilisait 891,2 milliards d’euros déposés par la clientèle francilienne dont 517,1 milliards pour Paris et 155,5 milliards pour les Hauts-de-Seine. Ces deux départements détiennent donc 75 % des richesses des ménages. Pour le Val-d’Oise, le total des dépôts est de 25,2 milliards, et 30,2 milliards d’euros pour la Seine-Saint-Denis.

Les Franciliens veulent une maison (et une grande)

43 %, c’est :
la part de maisons d’au moins 6 pièces vendues en 2020, selon le focus récurrent des Notaires du Grand Paris. Qui précise que les trois quarts d’entre elles sont situés en grande couronne. L’immobilier a connu plusieurs bouleversements durant la crise sanitaire. Dont l’un est la recherche de biens plus spacieux et plus aérés ; le confinement ayant mis en lumière les difficultés ressenties par de nombreux Franciliens au sein de leur logement. De nombreuses études réalisées par les acteurs de l’immobilier sont venues illustrer ce nouveau credo. Ainsi, selon Liberkeys, 1 Francilien sur 3 est prêt à ajouter 1 heure de transport pour gagner en qualité de vie, à condition que le télétravail soit pérennisé. Le Figaro Immobilier estime que 79 % des acheteurs franciliens souhaitent acquérir une maison ; le critère le plus attractif étant le jardin. Et selon PAP, les prix de vente moyens des maisons n’ont jamais été aussi hauts depuis 20 ans : ils ont passé la barre des 300 000 euros en grande couronne. Le même PAP dévoile même que l’Île-de-France est devenue la 2erégion la plus convoitée pour les résidences secondaires, avec une progression de +45,9 % en un an ! La grande couronne, terre de télétravail ?