Agir contre la crise du logement

199
Print Friendly, PDF & Email

TRIBUNE. Plusieurs maires et élus municipaux d’Ile-de-France (dont Patrick Jarry, maire de Nanterre et président de la commission logement de la Métropole du Grand Paris, Michel Lepretre, président de Grand Orly Seine Bièvre et Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers) lancent un appel à des solutions rapides et concrètes pour mettre fin à la grave crise du logement dans la Métropole du Grand Paris, et préparent un rassemblement le 10 novembre devant le ministère du Logement.

Le nombre de demandeurs de logements sociaux atteint des records tout comme celui des mal-logés. Dans le même temps, la construction de logements et en particulier de logements sociaux s’effondre.

Cette situation est insupportable. L’attente moyenne pour avoir un logement social est de 10 ans dans la Métropole du Grand Paris. C’est autant d’années de difficultés pour les familles qui vivent dans des logements trop petits ou insalubres, pour les jeunes qui font une première demande et souhaitent vivre en couple, pour les couples qui se séparent, pour les femmes victimes de violences… Les lois votées ces 10 dernières années n’ont en rien amélioré la situation du logement, pire elles l’ont aggravée. Les bailleurs sociaux rencontrent des difficultés financières pour rénover et entretenir leur patrimoine, pour construire suite aux ponctions de l’État dans leurs caisses.

Maires et élu.e.s municipaux dans la Métropole du Grand Paris nous alertons sur l’aggravation prévisible de cette crise du logement si des mesures correctives ne sont pas prises. Le risque est grand que les couches moyennes et populaires ne puissent plus se loger dans la Métropole du Grand Paris.

En lien avec des organisations de locataires et des bailleurs nous proposons un rassemblement devant le ministère du Logement mercredi 10 novembre à 18h pour demander, entre autres :

  • L’augmentation de l’aide à la pierre pour diminuer les loyers dans les logements neufs.
  • L’obligation de construction d’un minimum de 30% de logements sociaux dans toutes les nouvelles opérations immobilières.
  • Le ciblage des aides à la construction sur les matériaux bio-sourcés.
  • L’encadrement des loyers du privé pour freiner la flambée des prix des loyers qui précarise et exclue une partie de la population.
  • Le relèvement des plafonds d’accès au logement social, pour permettre sa diversification sociale, faire de celui-ci un vrai outil du droit au logement pour toutes et tous.
  • Le vote d’une loi permettant de mettre un terme à la spéculation foncière, à la base de l’explosion des prix rendant impossible la vente de terrain et de biens avec une évolution supérieure à l’inflation (avec prise en compte du coût des travaux effectués).
  • L’organisation, comme à Berlin, d’un référendum pour décider ou non de la municipalisation des logements appartenant à des groupes privés qui possèdent plus de 3 000 logements et participent à la spéculation immobilière.
  • La réquisition des bureaux et logements vides pour les transformer en logements sociaux.
  • L’augmentation des taxes sur les logements vacants et sur les résidences secondaires en zone dense pour libérer des dizaines de milliers de logements peu ou pas occupés.
  • Le rétablissement de l’aide aux maires bâtisseurs, supprimée en début de quinquennat, et de compenser intégralement la perte fiscale liée au renoncement à la taxe foncière sur les logements sociaux.