Artificialisation des sols : 2017, année noire

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Etalement urbain
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DOCUMENT. Dans un contexte de mises en chantier en hausse, l’année 2017 aura vu l’étalement urbain connaître un net sursaut après deux années plus favorables. L’Observatoire régional du foncier en fait une synthèse.

Dans sa dernière note de conjoncture, l’Observatoire régional du foncier (ORF) zoome sur la consommation des espaces naturels, agricoles et forestiers (NAF) en Île-de-France en 2017, dernière année étudiée. Et la situation n’est guère brillante. Avec 1 119 hectares, la consommation brute des espaces NAF a augmenté de +23 % par rapport à 2016. La moyenne nationale, elle, est +0,2 %. « Dans le même temps, nous dit l’ORF, 174 hectares ont été renaturés, portant la consommation nette d’espaces NAF à 944 hectares. » En termes de comparaison, cela revient, plus ou moins, à bétonner le bois de Vincennes (995 hectares) en une année. L’ORF pointe une note d’optimisme : avec 923 hectares en moyenne depuis 2009, la consommation nette se situe bien en dessous du seuil de 1 315 hectares annuels prescrit par le dernier Schéma directeur régional (SDRIF).

Où ça ?

La grande couronne représentant 99 % des espaces NAF franciliens, c’est évidemment là que la consommation est la plus importante : 98 %. Plus particulièrement en Seine-et-Marne : 49 % de la consommation brute régionale, soit 549 hectares. L’on comprend pourquoi le futur PNR Brie et deux Morin revêt une importance régionale. Ceci étant, si l’on mesure le rapport entre consommation et stock pour obtenir l’indice d’intensité de consommation d’espaces NAF, ce n’est pas en Seine-et-Marne, mais dans le Val-d’Oise qu’il faut chercher (indice de 1,6 pour le 95 contre 0,8 pour le 77).

Peu verte (1 % des espaces NAF franciliens), la petite couronne grignote elle aussi. 23 hectares ont été artificialisés en 2017, quasiment le double de 2016 (12 hectares). Le Grand Paris bâtit, mais ne construit pas uniquement la ville sur la ville. En l’occurrence, le Val-de-Marne se taille la part du lion, avec un indice d’intensité de consommation de 3,2. 

Pour quelle destination ?

Outre son organisation spatiale si particulière entre une métropole terriblement urbanisée et de vastes espaces en grande couronne, l’Île-de-France revêt aussi la particularité de bâtir autant pour son activité économique que pour ses logements. En effet, alors que la consommation d’espaces NAF au niveau national est dévolue à 70 % pour l’habitat et à 24 % pour l’activité, elle est ici respectivement de 47 % (524 hectares) et 44 % (487 hectares).

En ce qui concerne l’habitat, depuis 2013 la consommation est assez diffuse, concernant 1 070 communes sur les 1 268 que dénombre l’Île-de-France. Elle s’est toutefois polarisée en 2017 sur 661 communes. Concentration plus marquée encore pour l’activité, avec 200 communes concernées en 2017. Un effet « pôle économique » évident avec, essentiellement, les secteurs de Saclay, Marne-la-Vallée et Roissy. Ainsi, la ceinture verte de l’Île-de-France a payé un lourd tribut, recensant 53 % de la consommation brute à destination de l’activité.

Plus de bâti sur moins d’espace

Seul motif de satisfaction : l’indice d’efficacité de la consommation brute des espaces NAF. Celui-ci rapporte les m2 construits aux m2 consommés. Plus il est élevé, plus il dénote que l’on construit plus sur moins d’espaces. Il s’améliore depuis 2014 et s’élève, en 2017, à 0,90 pour l’habitat et 0,82 pour l’activité. À titre de comparaison, cet indice est respectivement de 0,18 et 0,45 au niveau national. On peut y lire un effet de densification urbaine. Notamment en petite couronne où les surfaces de logements mises en chantier ont représenté 44 % du total francilien pour une consommation globale d’espaces NAF de 2 %.