Cafés, hôtels, restaurants : un risque de défaillance très élevé en Île-de-France

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Restaurant fermé à paris durant la crise covid
Crédit : Milani-Creative Commons
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Le Cercle Perspectives a mesuré la menace qui pèse sur les entreprises du secteur de la restauration et de l’hôtellerie. À fin mars 2021, le taux du risque se situe à 54 % en région francilienne.

Rassemblant 17 des 60 premiers cabinets d’expertise-comptable, le Cercle Perspectives publie une étude sur le risque de défaillance des cafés, hôtels et restaurant (CHR) après les mesures sanitaires qui les ont très fortement impactés depuis un an. Et il est très préoccupant.

Pour mesure le niveau de ce risque, l’étude du Cercle a pris en compte quatre indicateurs, constituant chacun un palier de 25 % de défaillance :
– la consommation ou non du Prêt garanti par l’État (PGE) ;
– l’usage de l’activité partielle ;
– le retard sur les charges sociales/fiscales ;
– les impayés fournisseurs.
En cumulant les quatre situations, le risque de défaillance de l’établissement s’élève à 100 %. L’étude intègre aussi les situations de redressement judiciaire pour lesquelles le niveau de risque s’établit directement à 100 %.

À l’échelle nationale, ce taux de 100 % est atteint par 10 % des CHR et 38 % d’entre eux cumulent 50 % de risques. Sans surprise, ce sont principalement les établissements de petite taille qui représentent le plus grand risque de défaillance. Le taux de 100 % est en effet atteint pour 11 % des CHR ayant bénéficié d’un PGE de moins de 100 000 euros (le PGE est calculé sur le chiffre d’affaires) contre 4 % pour ceux ayant obtenu un PGE de plus de 250 000 euros.

Le risque est aussi différent selon les secteurs d’activité. La restauration rapide est ainsi beaucoup moins concernée (5 % à 100 %) que le débit de boisson (14 % à 100 %). Au-delà de plus de 75 %, les entreprises les plus menacées sont les services de traiteur (35 % d’entre elles), un taux de risque élevé que le Cercle relie à la nature d’un marché intimement lié à l’événementiel, quasiment à l’arrêt depuis un an. En revanche, les campings, qui ont pu bénéficier de la saison estivale 2020, présentent peu de risques (84 % d’entre eux sont en dessous de 50 %).

En ce qui concerne la restauration traditionnelle, 1 restaurant sur 3 présente au moins 75 % de risque de défaillance. En Île-de-France, son taux moyen de risque est de 54 %, l’un des plus élevés en France. D’ailleurs, l’Île-de-France figure en deuxième position des régions accueillant les établissements les plus à risques, derrière le Centre-Val de Loire et devant les Hauts-de-France.