Des enjeux définis pour Inventons la Métropole du Grand Paris, saison 3

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Le célèbre concours de la MGP est devenu un outil efficace pour représenter son action. Sa troisième édition doit aussi lui permettre d’imposer sa vision face à plusieurs enjeux et face à une multiplicité d’acteurs.

La Métropole du Grand Paris (MGP) a lancé aujourd’hui, dans le cadre d’une conférence de presse, la troisième édition d’Inventons la Métropole du Grand Paris (IMGP). Né en octobre 2016, cet appel à projets urbains avait signé la véritable naissance de la MGP, neuf mois après son installation, et est devenu sa marque de fabrique.

Quatre chantiers en cours

Ses deux premières éditions ont fait émerger 77 projets répartis dans 70 communes du Grand Paris. À ce jour, un seul d’entre eux est sorti de terre : le campus Urban Valley à Stains. Celui-ci a bénéficié d’une procédure accélérée pour lui permettre d’accueillir rapidement les laboratoires du Crigen (centre R&D du groupe Engie) auparavant situés sur le site du Landy à Saint-Denis, site qu’il était nécessaire de libérer pour laisser la place à la construction du Centre aquatique des Jeux olympiques de 2024. Pour le reste, le bilan est à l’heure actuelle de quatre chantiers en cours et de quatorze permis de construire déposés. Quatre projets sont par ailleurs suspendus pour des raisons de changements d’équipes municipales en 2020. Les autres suivent leur cours, mais pourraient connaître des amendements, notamment en ce qui concerne leur offre tertiaire qui questionne de plus en plus les élus locaux.

Orienter les projets

Le succès indéniable des deux premières éditions incite donc la MGP à remettre le couvert, mais c’est peut-être l’actualité qui guide aussi ce choix. « La crise du COVID-19 crée une situation compliquée dans tous les domaines. On sent que les investisseurs, les financeurs, les entreprises, les promoteurs ont besoin d’espérer. Il nous faut un nouvel élan pour relancer la construction », explique ainsi Patrick Ollier, président de la MGP.

Face à la crise, il s’agit de recourir à quelque chose qui a fait ses preuves. Avec une différence : orienter les projets. Fini le grand foisonnement, place à l’orchestration autour de trois grandes thématiques : la mutation des bureaux, la reconquête des friches et l’aménagement des quartiers de gare du Grand Paris Express. Avec, pour chacune d’entre elles un enjeu spécifique.

Les bureaux et l’innovation

L’heure est au télétravail. L’immobilier tertiaire est déserté. Et les programmes lancés avant la crise livrent des milliers de mètres carrés de nouveaux espaces. Si le retour des salariés est attendu, il ne fait nul doute que le télétravail, même moins intense, demeurera une composante forte dans les années à venir. Si vacance des bureaux il y a, peut-on les reconvertir en logements ? La question agite depuis quelque temps déjà et l’on sait la transformation compliquée. L’avantage d’un appel à projets du type IMGP est de faire phosphorer ensemble tous les acteurs, de mobiliser l’intelligence collective, de fertiliser l’innovation. D’autant que dans ce cas, les projets vont se confronter, non pas seulement à des acteurs publics ou institutionnels, mais surtout à des propriétaires privés. D’ailleurs, la MGP prend soin d’ouvrir cette thématique à une mutation plus large que le seul couple « bureaux-logements » en évoquant la possibilité de création d’espaces de coworking, de formation, d’activités logistiques, de centres médicaux ou d’équipements d’intérêt collectif (culturel, social, récréatif…).

Les friches et le déverrouillage

Anciennes décharges, friches commerciales, portuaires, routières, industrielles, militaires… les exemples ne manquent pas de ces délaissés urbains qui attendent leur requalification parfois depuis 30 ans. La Région Île-de-France s’est dotée d’un plan pour les reconquérir. L’État, via la préfecture de Région, a lancé un appel à projets en décembre 2020. La MGP compte sur son célèbre concours pour agir, prenant exemple sur Marne Europe, projet urbain issu d’IMGP1 sur une ancienne réserve foncière de l’État destinée à un projet d’autoroute ensuite abandonné. En l’occurrence, « la métropole des maires », comme elle aime à s’appeler, peut servir de facilitateur, voire de négociateur pour débloquer, déverrouiller, des endroits parfois vécus comme de véritables « verrues ».

Les quartiers de gare et le partenariat

À l’horizon 2030, la Société du Grand Paris aura construit 68 gares du Grand Paris Express. Autour de ces gares, ce sont des millions de mètres carrés qui vont être aménagés. Ces quartiers de gare font l’objet d’une vigilance soutenue et d’une quantité d’études menées par l’Agence parisienne d’urbanisme (APUR), l’Observatoire régional du foncier (ORF), l’Institut Paris Région et bien sûr la Société du Grand Paris qui agit aussi en tant qu’aménageur. De son côté, la préfecture de Région a initié la démarche « Vitalisation des quartiers de gare ». Tout le monde s’y met. 

Étant donné que la majeure partie de ces gares s’installera au sein du territoire de la MGP, celle-ci a vocation, non seulement à garder un œil dessus, mais aussi à concourir à leur aménagement. Dernièrement, elle a d’ailleurs signé une convention de partenariat avec la SGP concernant ces quartiers. Avec IMGP3, elle ancre son action, la rend visible, veut faire valoir les principes qui guident son plan climat et son futur schéma de cohérence territoriale, et placer les maires en première ligne pour éviter qu’ils ne se fassent déborder. Elle a ainsi défini ce qu’elle attendait des futurs projets : attractivité locale et métropolitaine, accessibilité universelle, développement des mobilités actives…

Reste la question du calendrier, contraint. Après ce lancement doit suivre, fin juin, la fin de la consultation pour la proposition des sites, puis, en septembre, l’annonce des sites retenus et l’ouverture aux candidatures. Enfin, au printemps 2022 seront annoncés les lauréats et leurs projets.