En décembre, 7 chiffres sur les mobilités

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LISTICLE. Plus de voitures sur les routes, plus de vélo aussi, et moins de transports publics. Le bonus écologique profite aux plus riches et les avions redécollent. Quelques données publiées en décembre.

+38,1 %

De manière encore plus dramatique qu’au niveau national (+28 %), l’accidentalité routière a explosé en Île-de-France. Entre novembre 2020 et novembre 2021, le nombre de tués sur la route a augmenté de +38,1 %. Vingt-neuf personnes sont ainsi mortes au cours du onzième mois de l’année, portant à 254 le nombre de tués en 2021 ; soit une hausse annuelle de +10,4 % par rapport à l’année 2020. Ce sont les piétons qui payent le prix fort : 13 morts en novembre.

Ceci étant, l’année 2020, avec ses mesures anti-COVID, avait été très particulière concernant les mobilités (voir graphique ci-dessous). Le nombre de personnes tuées sur 12 mois (273 entre décembre 2020 et novembre 2021) est ainsi assez proche du niveau avant crise (266).

+33 %

S’il y a plus de morts sur la route, c’est parce qu’il y a plus de véhicules en circulation. Une large étude partenariale menée par plusieurs acteurs de la mobilité* révèle ainsi qu’après la période du « gel mobilitaire » du printemps 2020, la voiture est redevenue la petite reine du trafic. La pandémie lui a profité, indéniablement. « Dès juin 2020, note l’étude, les chiffres de trafic routier étaient revenus à leur niveau de mars 2020. » Pire : « Début octobre 2021, le niveau de trafic sur le réseau routier francilien structurant était même supérieur de près de 10 % à début mars 2020, et le nombre de kilomètres de bouchons supérieur de 33 %. » L’Observatoire de l’Union des transports publics et ferroviaires a, lui, estimé que la part modale de l’automobile dans le transport intérieur de voyageurs est passée de 80,8 % en 2019 à 85 % en 2020.

80 %

Dans le même temps, et selon la même étude, le mass transit francilien a perdu des plumes, victime du report modal vers la voiture. Il faut dire que la baisse a été sévère. Durant le premier confinement (17 mars au 11 mai 2020), sa fréquentation a chuté à 5 % de la normale. Remontant la pente dès juin 2020 pour s’établir à 70 % de la normale, sa fréquentation a alors subi le deuxième confinement de l’automne puis d’autres restrictions liées à la situation sanitaire. Ce n’est finalement qu’en octobre 2021 qu’elle a franchi la barre des 80 % de l’avant-COVID. La reprise se poursuivait en novembre, avant que l’épidémie ne sursaute à nouveau.

+4,2 millions

Le trafic aérien joue un peu la même valse. Avant que ne frappe la cinquième vague COVID, les aéroports franciliens retrouvaient des couleurs. En novembre 2021, Orly et Roissy ont accueilli 5,2 millions de passagers ; soit une hausse de +4,2 millions sur un an, selon le groupe ADP. Cela correspond à 65,5 % du niveau de 2019, avant la crise sanitaire. L’aéroport d’Orly, qui recense surtout des moyens courriers, a même retrouvé 81,2 % de sa fréquentation de 2019. Roissy, lui, continue à pâtir de la fermeture de destinations lointaines, comme les pays d’Asie et atteint 59,2 % de sa fréquentation 2019.

+86 %

Autre vainqueur de la crise : le vélo. Pour lui, tous les chiffres sont au vert. Et il en est un qui l’est particulièrement : celui concernant la location longue durée (VLD). Selon une étude de l’ADEME, ce service a enregistré une croissance de +86 % en France en 2020, avec 162 services de VLD et un total de 75 000 vélos (dont 37 000 vélos à assistance électrique, VAE). L’Île-de-France est leader en la matière avec Véligo, lancé par Île-de-France Mobilités en 2019 : 300 points de retrait et une flotte de 20 000 vélos. Et l’ADEME note à son sujet : « Trois mois après avoir restitué le vélo, 80 % des usagers continuent de faire du vélo et 57 % d’entre eux déclarent avoir acheté un vélo ou être en train de le faire. »

420 €

La crise a aussi un effet sur la valeur locative des bureaux parisiens. Depuis plusieurs années, Cushman & Wakefield a pris l’habitude de les estimer selon leur station de métro la plus proche. Premier constat, la hausse se poursuit, mais ralentit : +2 % entre 2020 et 2021 contre +5 % entre 2019 et 2020 et +11 % entre 2018 et 2019. La valeur moyenne s’établit à 420 €/m2/an. Avec d’importantes variations selon les stations. Un bureau à Champs-Élysées Clemenceau (lignes 1 et 13) coûte en moyenne 720 €/m2/an contre 100 €/m2/an pour un autre à la station Fort d’Aubervilliers (ligne 7). Avec 490 420 €/m2/an, la ligne 3 est celle dont la moyenne de loyer est la plus élevée du réseau francilien ; à la différence de la ligne 3bis : 330 €/m2/an. Quant à la ligne 13, elle est celle qui rassemble les plus grandes amplitudes : de 470 €/m2/an pour les stations intra-muros à 230 €/m2/an pour celles situées en périphérie.

Les inégalités est/ouest persistent.

69

Elles sont aussi à l’œuvre concernant le bonus écologique. Dispositif de l’État visant à attribuer une aide financière pour l’achat d’un véhicule moins polluant, celui-ci ne profite pas à tout le monde. Plus utilisé en Île-de-France qu’ailleurs (69 bonus pour 10 000 habitants, soit 30 % de plus que la moyenne nationale), il l’est surtout dans les communes les plus riches. Ce sont ainsi les habitants des Hauts-de-Seine, de Paris et des Yvelines qui en profitent le plus. Son montant moyen diffère aussi selon les départements. Calé à 4 220 euros pour l’Île-de-France, il grimpe à 5 000 euros pour la grande couronne contre 3 500 euros à Paris et en Seine-Saint-Denis. Une différence qui peut s’expliquer par la nature des véhicules : le taux de deux roues (moins cher) est plus élevé dans la zone dense qu’en grande couronne.

* Institut Paris Région, Mass Transit Academy, Transilien SNCF, Kisio, Sustainable Mobilities, Pretto.

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