La FNAUT établit une liste noire des projets de transports franciliens

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La FNAUT établit une liste noire des projets de transports franciliens
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L’association des usagers des transports liste une quinzaine de projets qui, pour la plupart faute de crédits, connaissent des retards ou des blocages importants.

A l’occasion des élections régionales, l’Association des usagers des transports d’Île-de-France (FNAUT Île-de-France) publie une liste noire des projets de transports actuels bloqués ou retardés ; liste non exhaustive qu’elle établit à 15 projets.

Tram en suspens

Preuve que le tramway continuer à tisser sa toile, six d’entre eux sont liés à des extensions de ses lignes. Ainsi en est-il des prolongements de part et d’autre du T11 (aussi appelé Tangentielle Nord ou Tram Express Nord) : vers l’est et Noisy-le-Sec, vers l’ouest et Sartrouville. Ces deux extensions n’ont pas obtenu de crédits travaux. On se rappellera juste que cette ligne, dans son ensemble, était inscrite au Schéma directeur de la région Île-de-France (SDRIF) en 1994 puis aux Contrats de plan État-Région 2000-2006 et 2007-2014 et que la mise en service complète de la ligne fut finalement prévue pour 2023. On en est dorénavant encore loin.

Il manque aussi des sous (100 millions d’euros) pour prolonger le T1 sur 7,7 km de Noisy-le-Sec à Val-de-Fontenay. Et pourtant la première concertation remonte à… 2001 !

Globalement, la question du financement est le point de blocage essentiel et commun aux opérations retardées décrites par la FNAUT. Les crédits du CPER sont ainsi insuffisants pour que le T1 aille jusqu’à Colombes alors que le projet figure dans le dossier Paris 2024 (le stade Yves-du-Manoir est un site olympique). Les crédits sont même totalement absents pour étendre le T12 jusqu’à Versailles. Quant à l’extension du T13 à Poissy et Achères, c’est carrément le plan de financement qui demeure inconnu, « alors que les travaux devaient débuter cette année », précise la FNAUT.

Abandon vers Noisy

Parmi les autres projets en souffrance que la FNAUT pointe du doigt figure aussi le prolongement de la ligne 11 du métro jusqu’à Noisy-Champs. Cette extension avait été prévue en 2013 en remplacement d’une branche du Grand Paris Express (GPE) suivant le même tracé. Mais si les travaux sont bien cours pour prolonger la 11 jusqu’à Rosny-Bois-Perrier, le doute s’installe pour la partie Rosny-Noisy. Le site d’Île-de-France Mobilités est, en la circonstance, peu disert. Selon la FNAUT, il n’existe en fait aucun crédit pour financer ce projet, ni en provenance du CPER ni en provenance de la Société du Grand Paris (SGP), pourtant impliquée. SGP qui a aussi une épine dans le pied avec les aménagements extérieurs des gares du GPE concernant les accès piétons, vélos et bus : pas de financement global pour les travaux et un manque de projets de qualité.

Une région à deux vitesses

Cette liste noire de la FNAUT apparaît comme paradoxale tant l’Île-de-France est sillonnée de projets de transports en commun qui vont finalement au bout. Malgré la crise sanitaire, la ligne 14 du métro a pu atteindre Saint-Ouen, la ligne 9 du tramway relie dorénavant Paris à Orly et le Grand Paris Express avance… En retard, mais il avance. L’embourbement de certains projets fait craindre cependant à la FNAUT l’existence d’un réseau de transport francilien à deux vitesses : performant dans la zone dense grâce, notamment, à l’arrivée du GPE ; très insuffisant en grande couronne. Pour l’association, la solution pourrait être de mutualiser « tout ou partie des recettes de la SGP (qui peut dépenser sans compter), à l’image de ce qui avait été décidé en 2013 par le gouvernement Ayrault (2,5 milliards d’euros affectés à d’autres projets) ».