Le Syndicat de l’Architecture prend position sur la Butte Rouge de Châtenay-Malabry

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La Butte Rouge. Crédit : Juliette Chenais de Busscher.
La Butte Rouge. Crédit : Juliette Chenais de Busscher.
Ils partent avec nous
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TRIBUNE.
Lettre ouverte au Président de la République et à la Ministre de la Culture

Paris, le 10 juillet 2021

Nous apprenons le lancement d’un appel d’offres par la Ville de Châtenay-Malabry (Marché n° AO2113) relatif à la rénovation de la Cité-Jardin de la Butte Rouge.

Le règlement de cette consultation mentionne toujours un grand nombre de bâtiments qu’il est d’ores et déjà prévu ou autorisé de démolir, malgré les demandes des associations de défense de la cité-jardin, largement relayées par les médias depuis plusieurs mois.

Qu’est-ce que la Butte Rouge aujourd’hui si ce n’est une référence historique remarquable d’architectures humanistes et d’urbanisme social ?

Qu’est-ce que la Butte Rouge aujourd’hui si ce n’est une utopie devenue réalité, ne demandant qu’à être réenchantée ?

Qu’est-ce que la Butte Rouge aujourd’hui si ce n’est une formidable opportunité pour tous les architectes engagés et soucieux de montrer de nouvelles manières de faire ?

A l’heure d’une prise de conscience collective selon laquelle la démolition n’est plus une solution pour la requalification et l’évolution des villes ;

A l’heure où les enjeux écologiques et énergétiques doivent l’emporter sur ceux économiques et les effets de la pression foncière ;

A l’heure où le ménagement d’un territoire doit d’être synonyme de dynamisme régénérateur ;

Nous nous insurgeons et dénonçons une ambition régressive, autorisant la démolition à grande échelle d’un patrimoine exemplaire, et allant à contre-courant d’un grand nombre d’opérations contemporaines de réhabilitation, d’hybridation ou de transformation, seules possibles au XXIème siècle.

Aussi, nous en appelons aux plus hautes instances de l’État pour se saisir de cette affaire.

Nous vous demandons de rappeler aux acteurs de cette opération de « rénovation » leurs obligations sociétales, écologiques et culturelles et qu’elles renoncent aux démolitions autorisées.

Nous considérons qu’il est de la responsabilité de tous et des architectes en particulier de concevoir des rénovations prenant en compte l’existant dans sa globalité, et d’écarter tout recours aux démolitions visant à ne favoriser que des ambitions économiques locales et de court terme, au détriment d’enjeux patrimoniaux et environnementaux d’intérêt public.

Le Syndicat de l’Architecture