Les Franciliens aspirent au « village »

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Les Franciliens aspirent au village
A vélo dans le grand paris
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DOCUMENT. Le Forum Vies Mobiles a réalisé une enquête sur les questions de mobilité, d’organisation du travail et de choix de cadre de vie en Île-de-France. Y affleure l’idée que l’idéal c’est encore de pouvoir tout faire près de chez soi, y compris et surtout travailler.

En préambule aux élections régionales de juin et au débat qu’il a organisé le 4 mai dernier, le Forum Vies Mobiles, institut de recherche sur la mobilité a enquêté auprès des Franciliens pour connaître leurs aspirations en la matière. Les résultats montrent à quel point un an de crise sanitaire aura laissé des traces au sein d’une région impactée à plusieurs titres.

Le télétravail plébiscité

Au début du mois d’avril, au moment où a été réalisée l’enquête, 66 % des actifs interviewés indiquaient qu’ils étaient en télétravail (dont 28 % à temps plein). Lors du premier confinement du printemps 2020, une étude Odoxa pour France Bleu révélait qu’ils étaient alors 43 %. C’est dire à quel point le télétravail s’est instauré en région parisienne, devenant même l’un des recours privilégiés par le gouvernement lors des deuxième et troisième confinements.

Si les entreprises s’attendent à un retour au bureau dans les semaines à venir, les Franciliens, eux, souhaitent massivement intégrer définitivement cette pratique dans leur mode de travail : 80 % veulent plus de flexibilité dans l’organisation de leur temps de travail ; 68 % souhaitent pouvoir travailler au moins une journée par semaine chez eux (ou depuis un tiers-lieu proche de chez eux). Une proportion que l’on peut mettre en parallèle avec les 71 % de Franciliens qui aimeraient passer moins de temps dans les transports au quotidien.

Le village en Île-de-France…

Le télétravail se présente donc pour eux, non pas simplement comme un remède occasionnel pour juguler l’épidémie, mais dorénavant bel et bien comme un facteur de qualité de vie. Ils sont ainsi 74 % à vouloir ralentir, mieux maîtrise leur rythme de vie. Et une nouvelle organisation du travail leur semble la solution. Elle est aussi en concordance avec une autre aspiration : privilégier le local. 77 % veulent vivre davantage en proximité. S’ils doivent sortir de chez eux pour se rendre à leur travail, 52 % aimeraient que celui-ci se trouve à moins de 15 minutes de leur logement et un tiers souhaite pouvoir s’y rendre à pied. La fameuse ville du quart d’heure est donc largement désirée, car elle est vue comme une source bien être. Elle possède une dimension « village » ardemment désirée.

… ou ailleurs

Reste à l’organiser. Sinon, c’est le départ. Car, même si 55 % des Franciliens aimeraient idéalement continuer à vivre où ils sont, 48 % pensent aussi à déménager et 24 % aimeraient décidément vivre dans une autre région. C’est même une véritable aspiration à l’exil urbain que dessinent les résultats, puisque 81 % de ceux qui souhaitent quitter l’Île-de-France ne veulent en aucun cas le faire pour aller vivre dans une autre métropole. Une ville moyenne passe encore pour 24 %, mais une majorité (57 %) préfèrerait une petite ville ou un village. Cette dimension « village », les Parisiens (intra-muros) semblent peut-être déjà plus la vivre que les autres Franciliens : ils ne sont que 22 % à vouloir partir, contre 31 % et 34 % des habitants de la Grande et de la Petite Couronne.

Dépolariser, relocaliser, combiner

Pour finir, le Forum Vies Mobiles les a interrogés sur quelques mesures qu’il faudrait mettre en œuvre pour les rabibocher avec leur région. Toutes vont dans le sens d’une relocalisation et d’une vie quotidienne plus « apaisée » : réorganisation des emplois au niveau territorial, réorganisation du travail et de ses horaires et réorganisation des transports. Plus de huit Franciliens sur 10 y répondent favorablement. Ainsi : 94 % plébiscitent une dépolarisation des activités ; 89 % sont favorables à des mesures pour mieux équilibrer vie professionnelle et vie privée ; et 86 % aimeraient que l’on combine transports collectifs et mobilités douces. Histoire de limiter l’usage de la voiture, « mesure traditionnellement peu populaire », notent les auteurs de l’étude. D’ailleurs, « seuls » 32 % des Franciliens y sont très favorables, taux le moins élevé parmi les mesures proposées.