L’Île-de-France mise sur l’industrie pour la relance

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ZAC de l'Ormes à Viarmes
ZAC de l'Ormes à Viarmes (Val-d'Oise)
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Depuis le début de la crise sanitaire, la Région multiplie les aides en direction de l’industrie. La dernière en date consiste à proposer à la vente 26 sites rapidement mobilisables pour l’implantation d’activités.

Relancer. Relocaliser. Réindustrialiser. Et vite. Le plus vite possible. Tel est le legs de la crise COVID à l’économie française. En Île-de-France, les territoires s’engagent aussi dans cette démarche. En Seine-et-Marne, l’EPA Sénart porte un projet d’usine dite 4.0, car construite de façon à accueillir dans des délais très réduits des activités industrielles. Cette « usine du futur » fait d’ailleurs partie des 26 sites industriels « clés en main » présentés par Choose Paris Region, l’agence de promotion et d’attractivité internationale de la région Ile-de-France.

26 sites, 11 territoires

Purgés de toutes les procédures administratives relatives à l’urbanisme, à l’archéologie préventive et à l’environnement, les fonciers de ces sites offrent l’avantage d’être disponibles très rapidement. L’objectif de la région francilienne est clair : attirer de nouveaux investissements internationaux et accélérer la dynamique d’industrialisation. Avec des sites à la vente sélectionnés selon trois principaux critères : la vocation industrielle des projets, une taille minimum des terrains en bâti et la possibilité de lancement de la production sous 18 à 24 mois. La connectivité aux transports a été aussi déterminante dans leur choix, ainsi que leur situation au sein d’écosystèmes existants. 

Ils sont donc 26, répartis sur 11 territoires franciliens et correspondent à des parcelles de 4 000 m2 à 40 hectares, bâtis ou à bâtir. Deux catégories de terrains sont identifiées : 7 sites dits Brownfield composés de bâti neuf ou à réhabiliter, comme les friches urbaines ; 19 sites dits Greenfield, vierges de toute implantation.

26 sites, 22 000 emplois

Cela représente au total 270 hectares de foncier industriel. Ce que Choose Paris Region a converti en emploi en posant le problème mathématique suivant. Sachant qu’un hectare industriel compte entre 20 et 50 emplois. Sachant qu’un emploi dans l’industrie génère entre 3 et 4 emplois indirects. Combien d’emplois au total pourraient être créés par ces 26 nouveaux sites industriels ? Réponse de Choose Paris Region : 22 000 (en fait entre 16 200 et 54 000 si l’on suit leur logique). Et sachant que l’Île-de-France compte 430 600 emplois industriels, on a ressorti la calculette et trouvé que les 26 sites pouvaient augmenter de 5% ces effectifs. « Pas dégueu », comme aurait dit Gainsbourg.

26 sites et des priorités

Toutefois, l’Île-de-France n’a pas l’intention d’accueillir n’importe qui. Des filières prioritaires sont ciblées : mobilité, santé et biotechnologies, agroalimentaire, aéronautique et spatial, ville durable, technologies propres, recyclage. Sur certains secteurs, le filtre sera encore plus tamisé : plutôt de l’électronique numérique dans le Val d’Oise, de l’industrie du futur à Saclay, de la santé à Villejuif ou au Génopole d’Évry. Le tout avec un cadre environnemental contraignant, histoire d’enclencher la transition écologique. Et Choose Paris Region n’a pas l’intention de s’arrêter là. Elle compte sur un succès pour embarquer d’autres projets, créer une dynamique vertueuse, pourquoi pas convertir des bâtiments tertiaires non utilisés. Avec le développement du télétravail, l’avenir s’annonce incertain pour l’immobilier de bureau.

PM’Up Relance Industrie
Dans le cadre de l’acte I de son Plan de relance économique, la Région Île-de-France a mené durant l’été un appel à projets destiné aux TPE, PME, ETI et associations ayant une activité industrielle de fabrication ou d’assemblage de biens. Sur les 285 dossiers de candidature, elle a sélectionné 75 projets d’entreprise qui bénéficieront de 42,5 millions d’euros d’aides (800 000 euros maximum pour chacun). La Région espère ainsi aider à créer ou à maintenir 6 577 emplois industriels sur son territoire. Cet appel à projets avait lui-même succédé à un dispositif d’urgence mis en place au printemps ayant permis de soutenir 62 entreprises franciliennes qui s’étaient lancées dans la production de biens stratégiques, de produits et de services de première nécessité durant la crise sanitaire.