L’Île-de-France racontée de l’espace

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Ile de France la nuit vue de l'espace
A vélo dans le grand paris
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EN IMAGES. À l’heure des élections régionales, prenons un peu de hauteur. À travers les données issues des instruments des satellites ou les photographies prises par les astronautes de la Station spatiale internationale, l’Île-de-France révèle ses différents visages.

  • Image composite de l'Ile de France provenant d'un instrument du satellite Envisat en 2003
  • Vue de l'Ile de France, la Manche et Londres depuis le satellite Envisat en 2003.
  • Vue de Paris en 2005 depuis la Station spatiale internationale
  • Vue de l'Ile de France la nuit depuis la station spatiale internationale
  • Vue de Paris par le Sentinel-2A du programme européen Copernicus en 2015
  • Vue de l'Ile de France et de son étalement urbain en 2015
  • Vue de l'Ile de France durant la canicule 2018
  • Présence du dioxyde d'azote dans l'atmosphère en Europe
  • Ile de France vue de l'espace la nuit

1-2003/L’immuabilité

5 juillet 2003. L’image est composite. Elle est issue d’un radar à synthèse d’ouverture avancée (ASAR), l’un des instruments du satellite ENVISAT lancé en 2002 par l’Agence spatiale européenne pour mesurer en continu les principaux paramètres environnementaux de la Terre. Il s’agit en fait de trois images prises à trois dates différentes et auxquelles on a assigné une couleur différente selon le codage informatique des couleurs RVB : rouge pour l’image prise le 11 janvier 2003 ; bleue pour celle prise le 3 avril 2003 et verte pour celle du 3 juillet 2003. En quantité égale, ces trois couleurs codent du gris, voire du blanc à leur maximum. C’est ce que l’on voit pour l’agglomération parisienne, et surtout pour Paris. Cela traduit une forme d’immuabilité puisqu’aucune couleur ne prend le pas sur l’autre. Au-delà de l’agglomération, on s’aperçoit au contraire que les couleurs se marient et se transforment au fil du mouvement des saisons. Crédit : ESA 2003

2-2003/Le bassin

14 juillet 2003. Sur le même satellite ENVISAT avait été installé le spectrophotomètre imageur MERIS principalement dédié à l’observation de la couleur de l’océan. On note d’ailleurs en haut de l’image une zone beaucoup plus claire de la couleur de l’eau, sans doute sous l’effet d’une sédimentation importante. L’agglomération parisienne est ici une tache grise qui trouve son pendant avec Londres, de l’autre côté de la Manche. MERIS étant aussi capable de traduire les caractéristiques de la végétation, on peut se rendre compte de la nature de celle-ci au sein du bassin parisien et à quel point elle diffère de celle de Londres. Crédit : ESA 2003

3-2005/La densité

3 août 2005. La photo est prise par un membre de l’équipage de la Station spatiale internationale. Elle montre une partie de Paris qui a subi un quart de tour : le haut de l’image est censé être l’Ouest parisien, avec le bois de Boulogne en haut à gauche. L’à-plat que l’image propose dévoile l’impressionnante densité parisienne, comme si tout était extrêmement serré. Même les axes urbains, le fleuve ou les faisceaux ferrés semblent comprimés au sein de cette densité extrêmement homogène. Au contraire, dès que l’on passe le périphérique (à droite de l’image), le bâti est beaucoup plus parcellaire et possède plus de relief. Crédit : NASA

4-2013/Les lumières

7 avril 2013. L’un des membres de l’équipage de la Station spatiale internationale capture cette vue de l’Île-de-France de nuit. Une autre manière de traduire visuellement l’urbanisation de la région parisienne : par la lumière. Aux trous noirs correspondent les espaces naturels ou agricoles. C’est ainsi que l’on reconnaît facilement les bois de Boulogne et de Vincennes, le parc de la Courneuve ou encore le vaste espace forestier de la forêt de Saint-Germain-en-Laye dans une boucle de la Seine à l’ouest. La Seine, elle, disparaît presque dans Paris pour réapparaître quand elle en sort. Certains endroits lumineux sont particulièrement saillants : La Défense, les Champs-Élysées ou encore le secteur de la Gare du Nord. Crédit : NASA

5-2015/Les nuages

2015. Cette vue de Paris provient du satellite Sentinel-2A du programme européen Copernicus consistant en une « observation et surveillance de la Terre pour l’environnement et la sécurité ». Ici apparaissent de façon très nette espaces verts (en orange) d’un côté et espaces minéralisés (en bleu) de l’autre. L’on y voit aussi clairement certaines armatures de la ville comme les hippodromes d’Auteuil, de Longchamp et de Vincennes ou encore, en haut à droite de l’image, l’immense cimetière de Pantin tel un grillage. Sans oublier les nuages et leurs ombres quasi parfaitement reproductrices. Crédit : Copernicus Sentinel data (2015)/ESA, CC BY-SA 3.0 IGO

6-2015/L’étalement

15 juillet 2015. L’image est captée par Sentinel-2A et sert alors à illustrer le rôle des satellites et la précision des informations visuelles qu’ils peuvent apporter en matière d’environnement. Quelques mois plus tard en effet doit se tenir à Paris la conférence mondiale sur le climat (COP21) la plus importante depuis Kyoto en 1997. Effectivement, la photo satellitaire montre bien l’une des problématiques environnementales : l’artificialisation des terres. On en profitera pour admirer au sud de Paris la grande tâche beige qui entoure l’aéroport d’Orly : la zone d’exclusion aérienne. Crédit : Copernicus Sentinel data (2015)/ESA

7-2018/La sécheresse

31 août 2018. La photo est prise par l’astronaute allemand Alexander Gerst depuis la Station spatiale internationale. L’Europe vient de subir une canicule de seize jours. La région parisienne vit l’année la plus chaude de son histoire. Tout est sec, comme le montre remarquablement l’image. Crédit : ESA/NASA-A. Gerst

8-2018/Le NO2

Avril-septembre 2018. L’image provient du satellite Sentinel 5-P. Lancé en 2017 dans le cadre du programme Copernicus, ce petit satellite est équipé d’un instrument unique, un spectromètre mesurant les quantités d’ozone, de méthane, de formaldéhyde, d’aérosols, de monoxyde de carbone, de NO2 et de SO2 dans l’atmosphère. Ici, c’est la présence de dioxyde d’azote (NO2) qui est détectée, en Europe de l’Ouest essentiellement. On voit à quel point le NO2 est lié aux mégapoles et à leur trafic routier avec des teneurs parfois extrêmes mesurées entre avril et septembre 2018 pour Londres, l’Allemagne de l’Ouest, une partie du Benelux, la région milanaise et, last but not least, l’Île-de-France. Crédit : ESA/Copernicus data (2018)/Processed by KNMI

9-2020/Le squelette

25 novembre 2020. L’image provient de la Station spatiale internationale et montre à 423 kilomètres de haut, dans une vision légèrement déformée, une partie de l’agglomération parisienne de nuit. Paris y apparaît tel un squelette, une armature de rues, de faisceaux urbains dessinés par leurs éclairages. Paris brille de mille feux le long de la Seine, en son centre et des Champs-Élysées jusqu’à La Défense. Mais on remarquera aussi en bas à droite de l’image l’aspect lumineux du M.I.N. de Rungis et de l’aéroport d’Orly juste en dessous. Crédit : NASA