Luna Park, attractions et grand frisson à la Porte Maillot

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VINTAGE FRIDAY. Porte Maillot, à l’emplacement du Palais des Congrès se trouva pendant près d’un quart de siècle le « Luna Park », plus grand parc d’attractions et de loisirs de Paris. Ouvert en 1909, il sera fermé en 1934 et détruit entre 1942 et 1948. Cette vue aérienne datée de 1919 nous montre la grandeur du parc et les fortifications sur la gauche où se trouve aujourd’hui le boulevard Péreire.

En 1910, lors du lancement de sa deuxième saison, Luna Park est décrit dans Le Figaro comme « un des lieux de rendez-vous les plus selects de la capitale ». Il faut dire que vu l’emplacement la clientèle est plutôt huppée et le directeur du parc d’attractions prend d’ailleurs bien soin des Parisiennes élégantes en faisant bitumer le parc pour ne pas abimer les souliers, planter des arbres pour les protéger de la pluie et poser des parapets pour que le public ne soit pas éclaboussé par les bateaux qui descendent la « Water Chute ». Une organisation très semblable à ce qu’on trouve toujours aujourd’hui au parc Astérix avec le « Grand Splash ». Luna Park n’est pas vraiment une nouveauté puisqu’il s’agit alors du 3e grand parc de loisirs à Paris après le Tivoli, dans le 9e arrondissement (1730 à 1842), et Magic City, né en 1900 le long du quai d’Orsay.

Ouvert de 13 heures à minuit, l’entrée de Luna Park coûtait 1 franc avec une attraction gratuite, sauf le vendredi où le parc était fréquenté par une clientèle plus bourgeoise justifiant d’un prix d’entrée plus élevé. Les principales attractions portaient des noms anglais – peut-être pour rappeler leur grand frère de Coney island ouvert en 1903 – comme la « Water Chute » dont on disait que les gondoles tombaient à une vitesse de 120 km/h, estimation certainement un peu exagérée, ou le « Scenic railway », montagnes russes avec un parcours de 1945 mètres. D’autres attractions portaient des noms bien de chez nous comme les « roues diaboliques », le « moulin de la rivière mystérieuse », le « Théâtre des flammes » ou encore le « Chatouilleur ».

De nombreuses cartes postales subsistent et témoignent de ce parc d’attraction à la clientèle bourgeoise et élégante