Pour le vélo, la Métropole du Grand Paris a un Plan

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carte Plan vélo métropolitain
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Ce 8 juillet, la Métropole du Grand Paris présentait son Plan Vélo Métropolitain, un réseau de huit lignes cyclables (200 km) conçues en partenariat avec le collectif Vélo Île-de-France.

« Il se passe quelque chose sur le vélo en ce moment. » Louis Belenfant, le directeur du collectif Vélo Île-de-France, a raison. La grande crise sociale de décembre 2019 puis la crise sanitaire ont opéré une bascule. La bicyclette est en train de mettre tout le monde d’accord. Paris est en train de pérenniser les 60 km de coronapistes créés en 2020. La Région Île-de-France investit 300 millions d’euros pour réaliser le RER V, un réseau de voies cyclables de 9 itinéraires pour 680 km, prévu entre 2025 et 2030. Et l’État soutien les politiques cyclables des territoires à travers un Fonds Mobilités actives de 350 millions d’euros (abondé de 200 millions dans le cadre de France Relance). Et voici la Métropole du Grand Paris (MGP) qui s’y met.

65 maires engagés

Dès 2018, son Plan Climat Air Énergie Métropolitain (PCAEM) définissait trois objectifs : 10 % de déplacements à vélo à l’horizon 2024 ; une multiplication par 3 des déplacements à vélo à l’horizon 2030 ; plus de la moitié des déplacements en modes actifs à l’horizon 2050. Après avoir émis un vœu en juin 2019, elle a adopté quatre mois plus tard une convention de partenariat avec le collectif Vélo Île-de-France, qui rassemble une quarantaine d’associations cyclistes, dans le but de construire une carte d’aménagements cyclables. Un an de travail plus tard, une centaine de réunions plus tard, la carte est là : un réseau de huit pistes cyclables, traversant ou non Paris et en partie complémentaire du fameux RER V de la Région (lui aussi préparé par Vélo Île-de-France). Huit pistes conçues en complicité avec les maires. Normal : la Métropole du Grand Paris ne cesse de proclamer qu’elle est la « Métropole des maires ». Mais une nécessité aussi. Comme le dit Louis Belenfant : « En matière de vélo, celui qui a droit de vie ou de mort, c’est le maire. » Une manière de dire qu’avec son pouvoir de police, le maire a effectivement la main sur la voirie. Ici, ce sont 65 maires qui sont concernés et leur accueil unanimement positif au projet montre à quel point le vélo a changé de dimension. D’autant que ces maires vont devoir mettre la main au portefeuille.

L’alpha et l’oméga c’est le réseau

Plus qu’un accueil bienveillant, c’est même un véritable investissement des élus qui a quelque peu surpris les porteurs du Plan Vélo Métropolitain, certains proposant même de compléter le réseau, tel le maire de Charenton-le-Pont qui a œuvré à obtenir une extension de la ligne 4 de Bastille à Créteil. Impliquer au mieux les maires, c’est aussi s’assurer qu’il ne manquera nulle part un bout de piste. Les discontinuités cyclables sont la plaie du cycliste urbain et l’enjeu, pour la MGP, était bel et bien de composer des linéaires de plusieurs kilomètres avec des interconnexions. Louis Belenfant : « Ce qui manque ne se compte pas en nombre de pistes, mais en véritables linéaires. On connaît tous un bout de piste pas loin d chez soi, mais pas un réseau comme il en existe pour les voitures ou les transports en commun. » Or, le réseau c’est l’alpha et l’oméga pour faire levier et augmenter la pratique du vélo à des niveaux substantiels. Lorsque la MGP a commencé à travailler sur le sujet, en 2019, elle était partie d’un constat : plus de la moitié des trajets de moins de 3 km se font en voiture. Un réseau cyclable doit pouvoir pallier à cette étrangeté.

Aller vite, aller au plus simple

« Les cyclistes attendent des pistes pour demain pas pour 2030 », dit Louis Belenfant. Ce besoin explique en partie le réseau de 8 pistes et 200 km tel que la MGP le dessine aujourd’hui. Elle veut aller vite, de manière incrémentale, ce qui veut dire : s’appuyer au mieux sur des tracés existants, aller au plus simple, s’organiser avec les maires les plus conciliants, voire ceux qui ont déjà entrepris des démarches. « Il faut que ce soit réaliste politiquement, financièrement, techniquement », explique Jacques Baudrier, conseiller métropolitain délégué au déploiement des pistes cyclables et cheville ouvrière du projet. Politiquement, on l’a vu, cela veut dire s’appuyer sur les maires les plus consentants, comme la maire de Paris qui accueillera la plus grande partie du réseau. Financièrement, cela implique une ligne budgétaire de 10 millions d’euros par an durant le temps de la mandature (2026) complétée par les efforts des communes, de l’Etat et de la Région. Techniquement, cela veut dire profiter de 40 % d’aménagements existants, englober si c’est possible certaines « coronapistes » et cibler certains axes : ceux en carence d’aménagements ; ceux répondant à une forte demande, comme les rocades ; ceux complétant le RER V ; ceux assurant la liaison de polarités urbaines importantes (zones d’emplois, équipements, parcs, gares…).

Plus qu’une carte

Dès septembre, les premiers comités d’axes réunissant l’ensemble des parties prenantes doivent se réunir pour lancer les lignes 1, 3 et 4, définies comme les plus structurantes du réseau. En parallèle, la MGP poursuit son accompagnement du déploiement du Vélib’ sur son territoire avec la création de 100 nouvelles stations d’ici 2022, ainsi que son opération « Métropole Roule Propre » avec le financement jusqu’à 500 euros pour l’acquisition d’un vélo à assistance électrique. Histoire que ce Plan Vélo ne soit pas qu’une carte.

Le Plan Vélo Métropolitain en chiffres
8 lignes cyclables
200 km de linéaires
65 communes concernées
40 % du réseau déjà réalisé
10 millions d’euros/an d’investissement par la MGP