Saint-Vincent-de-Paul chauffé à l’eau non potable

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Sur le site de l’ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul, le nouveau quartier parisien en construction sera en partie alimenté par de la chaleur de récupération issue du réseau d’eau non potable.

En travaux, le nouveau quartier Saint-Vincent-de-Paul (14e arrondissement) va bénéficier d’une installation inédite en matière de chauffage urbain. Issue d’un appel à contributions lancé au printemps 2017 par Paris & Métropole aménagement (P&Ma) et la Ville de Paris, la solution développée par la Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU) vise à utiliser l’eau non potable comme fluide caloporteur.

Spécificité parisienne, l’eau non potable est prélevée dans la Seine ou le canal de l’Ourcq et distribuée dans un réseau spécifique — distinct du réseau d’eau potable — exploité par l’entreprise publique Eau de Paris. Elle est principalement utilisée pour le nettoyage des rues, le bon fonctionnement des égouts ou l’arrosage des espaces verts. À Saint-Vincent-de-Paul, 165 000 m3/an seront prélevés puis restitués intégralement au réseau après transfert de leurs calories sur la boucle d’eau chaude au moyen d’une pompe à chaleur de 280 kW. La chaleur de récupération ainsi produite couvrira 60 % des besoins en chaud du quartier.

La boucle d’eau chaude de 450 mètres de long opérera comme véritable réseau local d’énergie, alimentant 59 000 m2 de constructions en eau à 65 °C. Elle sera d’autre part connectée au réseau principal de la CPCU. Une station d’échange thermique composée de deux échangeurs vapeur-eau permettra de mobiliser en appoint-secours le réseau vapeur parisien, qui fournit de la chaleur elle-même majoritairement renouvelable et de récupération — à hauteur de 53,3 % en 2020. L’ensemble produira 2,5 GWh de chaleur par an avec un taux d’énergie renouvelable et de récupération supérieur à 60 %.

La boucle d’eau chaude est financée par P&Ma et CPCU, les adaptations nécessaires du réseau d’eau non potable par Eau de Paris, soit un investissement de 1,7 million d’euros.