Transition énergétique : la remotorisation des bateaux à Paris est lancée

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Branchement d'un bateau aux bornes électriques sur le quai de Grenelle à Paris. Haropa Port. Paris. 15 novembre 2021. © Haropa Port/Laurent Guichardon.
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COMMUNIQUE DE PRESSE

La Communauté Portuaire de Paris (CPP) conduit une démarche de verdissement des flottes fluviales pour favoriser la remotorisation des bateaux naviguant à Paris et en région parisienne, avec le concours financier de la Délégation Interministérielle au Développement de la Vallée de la Seine, de la Région Ile-de-France, d’HAROPA Port et de Voies navigables de France. L’objectif : accélérer le verdissement du fleuve à Paris et en région parisienne. Cette transition écologique passe dans un premier temps par la remotorisation des bateaux existants (fret et passagers), en remplaçant les moteurs thermiques par des solutions électriques et hybrides propres en perspective des Jeux de Paris 2024 et en favorisant l’économie circulaire (adaptation de la flotte existante, batteries de seconde vie dans certains cas, et valorisation de déchets en énergie pour la mobilité). La réutilisation des actifs fluviaux est d’autant plus pertinente que les bateaux ont des durées de vie longues (âge moyen des bateaux 60 ans).

Cette démarche collective des acteurs fluviaux, entre aujourd’hui dans sa phase opérationnelle avec les premiers chantiers de remotorisation conduits par les armements parisiens. A titre d’exemples :

  • Les Vedettes du Pont Neuf (bateaux promenade) ont commencé les travaux de remotorisation d’un bateau avec l’objectif d’une mise en service au printemps 2022.
  • Leurs confrères des Vedettes de Paris (bateaux promenade), annoncent le lancement d’une étude de conception pour le retrofit d’un premier bateau dont les travaux devraient commencer au printemps 2022 pour une mise en service à l’été 2022.
  • Les industriels s’engagent également dans le verdissement de leur flotte : le groupe Lafarge a lancé à la fin de l’été une étude de conception du retrofit d’un bateau industriel, la coopérative Coalis travaille sur un retrofit fonctionnant au biogaz produit via les déchets ménagers qui devrait entrer en service d’ici 2023. Enfin, Blue Line Logistics (filiale du groupe Sogestran) a lancé la construction d’un bateau neuf à Hydrogène. Le cimentier Cemex mène également un projet de construction de nouveau pousseur à Hydrogène (prévus pour entrer en service en 2022 et 2024).

« Nous sommes très fiers d’arriver à la concrétisation de cette démarche collective, unique en son genre, et qui marque l’engagement des armateurs parisiens d’être toujours à la pointe en matière d’écologie », Grégoire Jourdan-Gassin, en charge de la transition écologique au sein de la Communauté Portuaire de Paris (CPP).

La concrétisation d’une démarche collective

Ces premiers chantiers de remotorisation concrétisent une démarche engagée en 2019 par la CPP et les acteurs du fleuve. Elle s’est tout d’abord appuyée sur une étude de la flotte parisienne (151 bateaux opérant sur Paris), suivie par des études de faisabilité technique de remotorisations autour d’un Groupe Pilote de 12 bateaux représentatifs de l’activité fluviale (transport de fret et de passagers).

La CPP accompagne les porteurs de projets via notamment :

  • La création de structures de financement, avec la Banque des Territoires notamment, pour porter les investissements et accompagner les entreprises dans leur projet de verdissement,
  • L’obtention d’aides publiques (notamment via le PAMI – Plan d’aide à la modernisation de la flotte – géré par VNF) et privées (notamment les Certificats d’Économie d’Énergie),
  • L’extension des durées de conventions d’occupation du domaine (géré par HAROPA PORT) afin de permettre d’amortir les investissements sur des durées appropriées,
  • La mise en place d’assistances techniques pour accompagner les porteurs de projets,
  • La collaboration avec ENEDIS et HAROPA PORT pour les raccordements des quais,
  • La collaboration avec HAROPA PORT pour la mise en place de bornes de recharge aux escales portuaires.

La CPP a également réuni de grands industriels français afin de créer une filière technique française et d’introduire leurs expertises sur la voie d’eau. Certains industriels comme GRDF, TotalÉnergies ou EDF ont marqué leur intérêt pour l’accompagnement du projet en rejoignant le Groupe Pilote. En outre, pour favoriser l’économie circulaire, la CPP étudie avec Renault l’utilisation de batteries de seconde vie (déjà expérimentées sur deux petits bateaux parisiens).

La transition écologique du secteur fluvial à Paris

Le secteur fluvial génère 5 fois moins d’émissions de CO2 que le routier, en raison de la massification des marchandises ou personnes transportées — un bateau fluvial de fret représente jusqu’à 250 camions — et du faible impact environnemental de la navigation fluviale. Ainsi, le verdissement du fleuve s’inscrit dans une logique d’accroissement des avantages environnementaux du secteur, d’autant qu’une massification des flux par un facteur 4 sans travaux d’infrastructures ni encombrement urbain pourrait avoir lieu sur la Seine, ce qui permettrait de répondre aux futurs enjeux stratégiques de logistique urbaine et de mobilités collectives décarbonées.

Paris est le premier port intérieur de passagers au monde, le second de fret en Europe et la Seine concentre 80% des flux fluviaux de passagers et 50% des flux fluviaux de marchandises à l’échelle de la France. La transition écologique du fleuve à Paris aura donc un effet considérable sur l’ensemble du secteur à l’échelle du pays.

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